Du Sundgau à la Haute-Alsace

en passant par la Suisse et la Forêt Noire

la transmission des patronymes des verriers ….

L’art du verre existait certainement autour de l’Abbaye de LUCELLE, en Alsace, dès le début du 16ème siècle.

En 1552, le Frère Nicolas, Abbé de LUCELLE  (dans le canton de FERRETTE) , accorde à un certain André SPARR le droit de laisser pâturer ses chèvres sur le « GLASGRUND » et d’y établir une maison. Outre la dîme sur les fruits et la livraison d’un chevreau, sur dix à naître, il donnera un chevreau à Pâques, un à la Pentecôte et un bouc en automne.

Un autre bail sera accordé en 1557 au « GLASGRUND » à Felippen de ROCKENBERCK

A proximité, en Suisse, existait d’ailleurs dès le 15ème siècle, un groupe de Verriers dans la cluse entre BALSTHAL et OENSINGEN au Nord de SOLEURE et dépendant de la Seigneurie de FALKENSTEIN.

Ils étaient nombreux et avaient édicté dès 1480 certaines règles pour la vie en corporation.

Ce métier de Verrier ne se transmettait pas en dehors du cercle familial avec une durée d’apprentissage de quatre ans.

Dès 1570, s’ouvre à WELSCHENROHR en Suisse, une verrerie qui s’établira au RÜSCHGRABEN au Sud de GÄNZBRUNNEN où apparaissent les premiers patronymes bien connus qui vont, de verreries en verreries, se propager par les unions entre gens de même corporation.

C’est ainsi que nous trouvons dans cette verrerie,  les noms de Simon et Urs HUG, Jean ROBISCHON, Jacques MEYER et un peu plus tardivement celui de Jacques ROBISCHON cité dans l’acensement d’une durée de 20 ans en 1636. Tous étaient catholiques.

Malheureusement, cette verrerie s’éteint en 1651 par rupture des autorités. Henri ENGEL, Bailleur obtint alors une indemnité d’un montant de 1000 Livres, ce qui va lui permettre d’installer une nouvelle verrerie à SOULTZ près de GUEBWILLER en Alsace au lieu dit RIMBACH.

En 1642, existait également en Alsace, une autre verrerie à RAEDERSDORF dans le secteur de FERRETTE sur la route de LIGSDORF à FOLGENSBOURG dans le SUNDGAU, où là encore nous retrouvons dans les registres tenu par le Prieuré de LUPPACH : Jacques HUG époux d’Elisabeth d’OBERNDORF ainsi que Pierre HUG époux de Marie SCHMID.

En 1649, 50 troncs de sapin vont être alloués aux verriers pour la construction de maisons et granges à Urs HUG Maître verrier à la  NEUNEICH  dont la verrerie s’appelera « GLASERBERG », nom qui subsiste au passage du col entre Fordere Birgmatte et Saint Pierre.

La verrerie se déplacera sur les bans de LIGSDORF vers 1660.

Les registres paroissiaux de cette commune nous permettent de rencontrer de nouveaux noms de Verriers tels que : Jean FRÖLIGER – Jean HUG marié à Elisabeth SCHMID – Gaspard GRESLI (ou GRESSEL – GRÄSSEL) – Pierre SCHMID époux d’Elisabeth MEYER et Jacques SCHMID, Urs MATHIS époux d’Elisabeth GRESLIN (qui sont mes ancêtres…) Mais aussi Georges FRÖLIGER et son épouse Eve SCHMID – Jean MEYER et son épouse Anne HUG – Jean STUDER – Claude BURREY que l’on retrouvera quelques années plus tard à la verrerie de WILDENSTEIN et partira à LUCELLE en 1679, - Henri et Jean Jacques BURREY – Gaspard GRÄSSEL dit le jeune – Urs FRÖLINGER – Etienne, Henri et Georg HUG ainsi que Michel GREINER venu lui de la Forêt Noire.

Le 3 août 1656, l’Abbé de LUCELLE et de MAULBRONN, Bernard BUCHINGER, accordera aux Maîtres Verriers Victor, Urs, et Jodocus tous frères HUG ainsi qu’à Jean FRÖLICH marié à Madeleine HUG, à Gaspard GRESSEL marié à Anne HUG et consorts, un bail pour installer une verrerie sur son territoire. Le contrat d’acensement sera signé à LÖWENBOURG avec paiement de 200 Livres. Tous les Bailleurs travaillaient alors pour la verrerie de RAEDERSDORF.

Ces HUG avaient formé une famille verrière dès le 16ème siècle à SOLEURE (WELSCHENROHR, GÄNZBRUNNEN, BALSTHAL) tandis que les GRÄSSEL étaient eux originaires de BAVIERE puis émigreront en BADE WURTEMBERG, également en Forêt Noire puis dans l’Alsace du Nord et retourneront en SUISSE dès 1628. Jean FRÖLICH, apprenti verrier, venait lui de la Forêt de WANGENBOURG où il s’était sans doute réfugié pendant la guerre de trente ans avec son Maître Sébastien SCHMID

Le 13 mai 1679, la verrerie de LUCELLE est créée et l’on y retrouve là encore, des verriers bien connus : Henri HUG , Jean Gaspard GRÄSSEL (GRESLI), Jean Jacques HUG, Jean FRÖLICHER , Jean Henri HUG, Henri FRÖLICHER, et un des fils d’Henri HUG. Tous ces verriers confirmés viennent de FERRETTE appartenant au Duc de Mazarin et le bail d’acensement est signé pour une durée de 25 ans par Henri HUG, Gaspard GRÄSSEL et Henri FRÖLICHER, ce dernier et sa famille seront d’ailleurs repartis avant le terme du contrat.

Se rajouteront à cette colonie déjà nombreuse de verriers, Claude BURREY époux de Marie ROBISCHON, qui souscrit en 1692 un bail pour une place au four, ainsi que Thomas SIGWART, Georges HUG, Samuel SCHMID venu de HANAWALD près de Saint  Blasien en Forêt Noire et qui est marié, en secondes noces pour elle,  à Madeleine HUG, ainsi qu’Aldaric BURREY époux de Vérona HUG, autre Jean HUG, tandis que François HUG époux de Cunégonde RASPILLER de LOBSCHEZ, Urs GRÄSSEL et Thomas HUG les rejoindront par la suite.

En 1651, pour revenir quelque peu en arrière, avait débuté la première verrerie de SOULTZ-RIMBACH près de GUEBWILLER. Là encore les registres paroissiaux débutant en 1600 nous apprennent que dès 1630,  sont célébrés  des baptêmes d’enfants de verriers provenant soit du canton de SOLEURE et demeurant à la GLASHUTE ce qui tendrait à prouver qu’avant cette première verrerie existait déjà une GLASHUTTE où les familles ENGEL, MATHIS, PROBST et MEGLIN semblent être particulièrement bien établies.

Verrerie_StLouis

Verrerie de Saint-Louis 1835

Il semblerait que dès l’extinction de la verrerie de RÖSCHGRABEN WELSCHENROHR dirigée par Henri ENGEL, verrerie créée par une colonie de verriers et d’aides de la région du Nord de SOLEURE, ai eu pour conséquence cette arrivée massive de verriers sur SOULTZ.

En effet, nous y retrouvons les couples suivants : Jean Jacques ENGEL époux d’Elisabeth HUG, Pierre ENGEL époux de Brigitte MEYER, Henri ENGEL marié à Agnès MEGLY qui est le Maître de la verrerie, Urs ENGEL  marié le 30 septembre 1652 à SOULTZ à Elisabeth MEISTER, Jodocus ENGEL venu de SCHUPFHEIM dans l’Entlebuch en Suisse puis, Victor ENGEL de WELSCHENROHR, Urs ENGEL marié à Barbe MEYER, Jean Jacques ENGEL époux d’Eve STUDER, qui seront rejoints par Urs MATHIS époux de Marie Elisabeth GRÄSSLIN  Simon MEGLY frère d’Agnès MEGLY et beau-frère d’Henri ENGEL, Simon étant l’époux d’Eve MUNSCH

Entre 1635 et 1757 de nombreuses naissances seront enregistrées ainsi que de très nombreux mariages dès 1651 concernant d’ailleurs les couples énumérés ci-dessus.

Nous apprenons d’ailleurs,  au travers de ces paroissiaux, que le jeune Simon ENGEL fils de Jean Jacques ENGEL et d’Elisabeth HUG,  né le 11 jui 1657 aura un destin tragique puisqu’il sera tué par un loup le 8.6.1669, il était leur premier enfant !

Outre tous ces ENGEL et leurs épouses, viendront se joindre à eux provenant du canton de SOLEURE Jean PROBST de MUMLISWILL, Urs BRUNNER de MATZENDORF et époux de Marie ENGEL et Gaspard SCHNEIDER d’ERSWILL.

Chose inouï, se joindra à tout ce petit monde,  un étranger provenant d’une verrerie Italienne le dénommé Jean Baptiste CINGANO qui rejoint la verrerie de SOULTZ en 1770. Il faut dire, qu’il existait entre la verrerie de SOULTZ et les verreries italiennes de sérieuses relations amicales et que cette venue assez exceptionnelle dans une corporation n’acceptant pas les étrangers autres que Suisses ou Allemands, l’est suffisamment pour être soulignée.

Se joindront également : Georges WALCH venu du Diocèse de SALZBOURG marié à Agnès ENGEL, Jacques GRINNER originaire de BARR dans le canton de ZUY marié à Jacobée GRILL de SURSEE, Jean Thiéabaud MEGLY ainsi que Jean Martin GRINNER (KRIENNER)  fils de Michel et originaire de Saint-Blasien et de Marie GRÄSSEL de LIGSDORF marié le 13 janvier 1681 à Jacobéa ENGEL fille de feu Pierre ENGEL et demeurante  à SOULTZ.

En 1680 étaient également arrivés,  Jean Jacques et Jean Wolf MATHIS époux de Anne Marie ENGEL qui sera, ce dernier, avec son frère Jean et son père Urs,  les signataires en 1687 d’un bail à la verrerie de RIBEAUVILLE avec également Georges BRETZNER époux d’Elisabeth MATHIS qui venaient également d’arriver à SOULTZ à cette époque. De nombreux enfants naîtront également de tous ces couples. 

Nous y retrouvons également les nommés Thomas MEGLY, Jean Jacques MEYER, Henri SCHMID et Jean SIGWART, les BURREY sont aussi présents en 1680 à SOULTZ (Blaise Jean et Urs BURREY = BORA).

Henri ENGEL sera le Prévôt de la verrerie de SOULTZ dès 1698 puis ce sera le tour de Michel RAPP Prévôt en 1707, et Jean WEIBEL en 1712.

Le 22 juin 1670 sera construite une chapelle dédiée à Saint-Antoine de Padoue dont l’édification est confiée à Peter am Platz un citoyen de la ville.

Deux verreries se succèderont au cours de la période 1651 à 1714. Les terrains essartés par les verriers devinrent en définitive deux marcairies décrites en 1755 dans un relevé de biens de la commune par un géomètre du nom de PETIN.

Les derniers verriers ou ouvriers seront les WALCH – les BRUNNER – ENGEL – RAPP – HUG – MEGLY qui habitaient tous au KOHLRAIN et en 1714 tous avaient quitté les lieux, pourtant quelques ENGEL subsisteront à SOULTZ puisque nous trouvons dans les registres paroissiaux quelques filles et fils ENGEL qui se marient encore au delà de cette date à SOULTZ et même bien au delà puisque le dernier mariage d’un fils ENGEL enregistré est celui de Georges Wilhelm ENGEL fils de Georges avec Cécile MEYER fille de François MEYER d’UNGERSHEIM le 12 novembre 1747 et celui d’une fille : Anne Marie ENGEL sœur du précédent, qui se marie le 10 juin 1754 à Jacques ACKERMANN un veuf de SOULTZ.

Une verrerie à UFFHOLTZ créée par les verriers de SOULTZ perdurera pendant douze années. L’Abbaye de MURBACH ayant mis gracieusement à la disposition de la ville un vaste massif forestier tout en se réservant les droits de capitainerie (chasses).

Le 31 décembre 1712, le Maire d’UFFHOLTZ avertit la Chancellerie de l’installation des verriers en leur offrant 80 thalers par an – l’accord est du 21 mars 1714.

On y retrouve alors des noms bien connus :

Jean WEIBEL époux de Barbe ENGEL et leur fils Jean dit le jeune – Joseph WALCH époux de Anne Marie ROBISCHON – Martin MEGLIN – Joseph SÄGER – et Martin GRINNER qui ont l’autorisation de s’établir à ERTZBACH en bas du Molkenrain non loin des ruines du château de HERRENFLUH.

Jean WEIBEL meurt en 1720 et son inventaire au décès fait apparaître qu’il possède une maisonnette avec ses annexes et une place au four représentant 122 Thalers soit environ 274 Livres – la place au four ira à Durs WEIBEL son fils aîné.

Cette verrerie fermera ses portes le 24 juin 1726, les WEIBEL gagneront la Franche-Comté tandit que les WALCH partiront sur WILDENSTEIN.

En mars 1667 la Verrerie de RIBEAUVILLE ouvre ses portes. C’est Zacharie GRIENER né vers 1644 (un autre de mes ancêtres), qui en 1668 en deviendra le Maître, il est dit à son décès le 10.2.1710 originaire de Saint-Blaise en Forêt Noire et est âgé de 66 ans . En 1668 se marie également Jacques GREINER, puis en novembre 1669 Jean ANDRES qui épouse Marie SCHMID venus de WANGENBOURG.

Puis en novembre 1670 arriveront les frères François et Jean Baptiste CINGANO ce dernier que nous avons déjà rencontré à SOULTZ.

En 1668 nous apprenons également que l’un des FRÖLICHER et l’un  des GREINER sont décédés.

Le bail du 30 mai 1777 confirme celui qui avait été établi le 22 mars 1672 ou Jean Baptiste CINGANO accordait la moitié des places que les verriers censiers venaient de lui céder.

Mais bien avant cela, le 11 août 1674 les archives de RIBEAUVILLE enregistrent des heurts et des plaintes concernant des bagarres entre verriers… La cohabitation ne semble pas plaire à tout le monde et un verrier de MARIENKIRCH (Sainte-Marie-aux-Mines) fondé de pouvoir de Jean Baptiste CINGANO, Maître dans la verrerie de l’EBERLINSMATT, se trouvant à VERDUN (où il semble qu’il y ait eu une verrerie également), rappelle aux verriers ROUCHEMONT et Vincent BRUNLEN le contrat qu’ils ont souscrit pour un an et par lequel ils ont accepté de travailler aux quatre places de four appartenant au dit CINGANO et à en payer la redevance. 

Les intéressés ne veulent plus travailler avec les « Allemands » dont ils ne comprennent pas la langue et sont constamment insultés et injuriés et ne peuvent donc s’arranger avec eux.  Pourtant,  cette explication ne satisfait pas le fondé de pouvoir de CINGANO,  qui trouve que le prétexte pour rompre le contrat est un peu tiré par les cheveux… et leur conseille de se plaindre à la Chancellerie si quelqu’un leur fait tort !

Le 11 août 1674, bien aise de cette recommandation, nos deux comparses ROUCHEMONT et Vincent BRUNLEN,  se plaignent donc à qui de droit et entre autres petits « noms d’oiseaux »,  à l’encontre de leurs « collègues » , s’en prennent à Jean Jacques ROTH, (l’un de mes ancêtres), munis tous les deux de fourche et de barre de fer !!! Heureusement, un colporteur de passage arrêtera ces bras vengeurs qui voulaient s’en prendre également à Georges GREINER… Il faut reconnaître que ces individus n’avaient pas tous les torts car,  lors du procès-verbal,  il fut réveler que la femme de Jean ROTH avait traité celle de ROUCHEMONT de « Welsche Gucumer » (que l’on peut traduire par « gourde de Française »…) ce qui fut du plus mauvais effet on s’en doute et d’où la colère des deux Welsches…

D’autres incidents émaillèrent encore les relations entre les verriers et les bûcherons,  à tel point que n’ayant plus suffisamment de bois, les verriers avaient été obligés d’arrêter la production en 1674.

Leur situation financière n’était plus équilibrée et les démêlés avec les Bûcherons provenaient d’ailleurs du non règlement de leurs créances que les verriers avaient pourtant promis de régler en verres. En juin 1674 les verriers demandèrent à la Seigneurie un délai de paiement, leur four s’étant effondré.

Jean Baptiste CINGANO meurt en fin 1674. C’est aussi l’époque où l’armée de TURENNE est en campagne en ALSACE. La verrerie s’éteindra pendant quelques années.

Jusqu’en 1687, date à laquelle fut signé le premier bail, quelques noms d’aides et de verriers apparaissent : ANDRES, GREINER, ROTH venu du pays de SOLEURE, SCHMIDT, GETSCHY, MATHIS, GRÄSSEL, WINTER, MOSER, BOTZ, HUG reviennent régulièrement (relevés de J.L. KLIENDIEST et André GANTER)

L’acensement du 1.1.1687 nous apprend qu’il est signé de 8 Censitaires parmi lesquels :

Jean Georges FISCHER venant de SAVOIE époux de Barbe MEYER originaire du diocèse de Bâle (d’AUSTHAL), Urs MATHIS et ses fils Jean et Wolff MATHIS venus de Forêt Noire mais ayant,  au préalable,  transité par la verrerie de SOULTZ – Georges BRETZNER de SALZBOURG – Jean Daniel MËGLIN de SOULTZ – Jean Goerges GREINER venu de Forêt Noire et Jean Jacques ROTH du canton de SOLEURE.

Parmi le personnel verrier avant 1700,  nous trouvons avec leurs épouses : Appolon et Joseph KOPP – Maurice GRÄSSLER – Jean Jacques, Christian, Jean Martin MATHIS, Jean Jacques UBERALL de FERRETTE, Gaspard, Jean Michel, Jean Georges, Jean Martin FISCHER,  Zacharie SAMUEL, Adam GRIENER, Gaspard ENGEL, et Joseph ROTH..

Le prévôt se trouve être Wolff MATHIS, il meurt le 24 novembre 1727 âgé de 72 ans donc né vers 1655.  Le bail est conclu pour une durée de 20 ans dès 1701 depuis la Saint-Martin pour 200 Florins annuels.

Le 28 janvier 1704, les verriers Jean Wolff MATHIS et Samuel GRINNER diront que le bois se trouve trop loin et demande l’autorisation de déplacer leur four à ADELSPACH ! Ce qui leur sera accordé.

Pendant quinze années,  vont alors travailler avec eux,  les verriers suivants : Christian MATHIS natif de FERRETTE qui moura le 3.11.1718 âgé de 51 ans dit Verrier de Ribeauvillé,(épousera Barbara ROTH qui décède à la Verrerie le 30.3.1712 âgée de 43 ans)  Samuel, Antoine, Dors, Jacques, Jean Georges, Jean Wolff MATHIS qui est le Prévôt, Jean Adam GREINER, Dors KELLER, Nicolas GEBURT, Nicolas GREINER, André et Jean ENTZMANN, Martin BRETZNER, Christian WEGSCHEIDER, Théodore et Jean HOELTZLE, Jean Conrad GRESLY, et André WEGSCHEIDER, tous mariés à des filles de verriers.

En 1707, trois verriers : Bartholomé BRETZNER avec son beau-frère Mathieu GRINNER et Jean Adam GRINNER quittent RIBEAUVILLE et fondent, avec Michel SCHWERRER de WALTEMBOURG, Jacques BOURGON et Pierre STENGER de SOUCHT-MEISENTHAL, la verrerie de Plaine de WALSCH VALLERYSTAL qui emploiera 1250 personnes….

Le 16 décembre 1722, la veuve de Samuel GREINER : Elisabeth Eve MATHIS et ses enfants ainsi qu’Agnès BRETZNER épouse de Nicolas GEWURTH, André GREINER, Jean Georges et Martin BRETZNER et pour Bartholomé leur frère, (verrier à Plaine de WALSCH décédé à OBERSTEIGEN alors qu’il se rendait dans cette nouvelle verrerie), vendent leurs parts de la verrerie de la FORDEREN REIMBACH (Grande Verrerie) avec trois places de four et toutes les dépendances, droits et maisons, granges, étables, champs, prés, jardins et droit de pâturage à Casimir KROEBER Maître des rentes de la Maison de BIRKENFELD pour 1200 Livres.

La veuve Elisabeth-Eve MATHIS continuera, cependant, d’habiter sa maison jusqu’à Pâques et se réservera la propriété de la petite cloche qui surmonte sa maison ainsi que le droit de la démonter quand bon il lui semblera…

Les verriers quitteront donc RIBEAUVILLE pour la verrerie du HANG près de BOURG BRUCHE…mais voyons comment !

Le 24 septembre 1723, Jean Wolff MATHIS verrier et Prévôt cède sa part à Durs MATHIS avec prise de possession à la Saint-Georges 1724 pour 330 Florins. Jean Wolff MATHIS était marié à Barbe ENTZMANN il décèdera avant d’avoir pu donner toutes ses instructions mais avait fait promettre à ses fils Antoine et Samuel de pouvoir entrer en possession de sa part dans un délai de deux ans et 14 jours s’ils en avaient les moyens. Durs MATHIS, cèdera à son tour, sa part à la Seigneurie le 4 juin 1727 pour 560 Livres.

Parmi les autres héritiers : Christian LORBER et son épouse Anne MATHIS, Théodore HOELTZLE et son épouse Anne Marie MATHIS, ainsi qu’Eve MATHIS et André ENTZMANN, tous verriers, qui vendent le 16 mai 1730 à Durs MATHIS leur part de l’héritage pour 600 Livres, ce qui règlera les dettes du décédé – la verrerie s’éteindra en 1733.

Avant de nous rendre au HANG où une autre verrerie a vu le jour en 1723, voyons d’un peu plus près la provenance de nos verriers :

-          Mathieu MEYER arrivait de SALZBOURG

-          Jacques HUBER de ROMOS en Suisse

-          Marie Catherine GRINNER du WURTEMBERG

-          Jean Melchior KELLER d’ENLINGEN près de RISACH

-          Abraham ENGEL de RIGA

-          Gaspard SIGLI verrier de BONDORF en Forêt Noire

-          Grégoire BÖGLY de Suisse

-          Mathieu BUCKLE de la verrerie de GRÜNWALD en Forêt Noire

-          Jean ROTH d’ARMSDORF en Suisse

-          Elisabeth SIGWART de SOLEURE

-          Christian LOBER de Saint Blasien

-          Thomas HUG de KIRZARTEN près de FRIBOURG

-          Michel GRUBER du Tyrol

-          Barbe MEYER de l’Evêché de Bâle

-          André ENTZMANN de WEHSCHENROHR en Suisse

-          Joseph TRIMBACHER et André WEGSCHEIDER de BERCHTESGADEN au Tyrol

Nous le constatons que de provenances, que de patronymes,  qui sont ensuite devenus des noms très portés en ALSACE et ont formé des grandes familles de verriers et de marcaires qui, aujourd’hui encore prolifèrent.

Nous arrivons enfin au HANG, verrerie qui sera construite en 1723.

En décembre 1722, Nicolas GEWURTH, qui devient Prévôt de celle-ci jusqu’à son décès survenu en 1726, est dit tailleur de verre et est l’époux d’Agnès BRETZNER – il a vendu ses parts de RIBEAUVILLE et se retrouve donc dans cette verrerie à BOURG BRUCHE  en même temps que la veuve de Samuel GRINNER qui a enfin quitté sa maison : Elisabeth-Eve MATHIS qui a vendu trois places en son nom et en ceux d’Agnès, Jean Georges, et Martin BRETZNER et André GRINNER qui sont tous verriers.

Tous se retrouvent dans cette nouvelle verrerie au pied du Climont (Wemberg) près de ce petit bourg alsacien sur les terrains appartenant à Jean Henri d’ANTHES (1670-1733 ) Maître de Forges, fils de Philippe Michel d’ANTHES directeur des Forges de BELFORT, celui-là même qui a également créé la Manufacture d’armes blanches de KLINGENTHAL où d’ailleurs une partie des MATHIS se retrouveront et créeront curieusement, un cousinage entre Christian mon époux et moi même, les siens de MATHIS entrés au service de cette Manufacture, les miens oeuvrant dans le verre depuis des décennies…

Nicolas GEWURTH aidé de son futur gendre Melchior SCHMIDT venu de RONCHAMP près de BELFORT ouvrent le feu, si je puis dire,  auxquels se joindront bientôt Christian GREINER, Pierre SPIES époux de Madeleine DIES veuve de Jean Georges BRETZNER, Jean ROHR (RÖHRLY) marié à Anne Marie BRETZNER et Conrad WENCK.

Martin BRETZNER succèdera comme Prévôt en 1726 à la mort de Nicolas GEWURTH étant l’époux de Elisabeth MATHIS. André GRIENNER marié à Anne Barbe RASPILLER se joindront à tout ce petit monde entre 1730 et 1750 et l’on y retrouvera également les verriers Ursus (Urs ou Dors) MATHIS marié à Elisabeth SIGWART, qui ont quitté RIBEAUVILLE en 1733, et qui sont les parents de Chrysosthome et Melchior MATHIS tous verriers. Egalement, Victor, Melchior et Jean Georges BRETZNER ainsi que Jean Baptiste RASPILLER marié à Elisabeth GRIENNER se joindront à eux.

Chrisosthome MATHIS cède en 1759 sa maison à son frère Melchior mais garde celle de leurs parents tandis que le père, sans doute devenu veuf,  retournera à RIBEAUVILLE.

Cette verrerie s’éteindra en 1771 !

Pendant ce temps, à WILDENSTEIN petit village niché au fond de la haute vallée de la Thur, et décrite par le Baron de DIETRICH, à la veille de la Révolution, une nouvelle verrerie voyait le jour,  sous l’égide de plusieurs verriers de l’Abbaye de LUCELLE

En effet, le 3 novembre 1699, Jean Henri HUG rencontre le curé d’ODEREN : Jean Georges MEYER à l’Abbaye de MURBACH,  pour convenir des sacrements à donner aux verriers, leurs familles et amis et ceux séjournant à la verrerie. Un accord sera donc conclu avec le dit curé pour une durée de dix ans avec une indemnité de 15 Livres qui lui seront versées pour ses déplacements.

L’acte d’acensement de la dite verrerie, qui confirme son installation,  sera signé le 6.7.1700 et accordé par l’Abbé Philippe EBERHARDT de MURBACH aux verriers signataires à savoir : Jean Henri HUG époux d’Anne Marie SCHMIDT pour 4 places, François HUG époux de Cunégonde RASPILLER pour deux places, Jean Jacques HUG époux d’Anne Marie SCHMIDT pour 2 places.

Ces verriers seraient venus de LIGSDORF cependant que leur activité est attestée dans les registres de l’Abbaye de LUCELLE de même que pour Claude BURREY époux de Marie ROBISCHON.

Nous y retrouvons également les verriers déjà rencontrés : Georges HUG époux de Marguerite RINGLER, Blaise BURREY époux de Marie HUG, et le Prévôt de 1714 à 1734 Samuel HUG marié à Marie Madeleine RAPP.

Puis les rejoindront Urs ROBISCHON fils de Gaspard,  venu de LUCELLE lui aussi,  époux d’Anne Marie HUG et leurs trois fils : Samuel, Nicolas et Antoine ROBISCHON qui deviendront à WILDENSTEIN des REBISCHUNG, de même Jean Michel REBISCHUNG époux de Catherine LUTHRINGER qui auront deux fils Jean Gaspard et Jean Michel d’où sera issu l’écrivain François Antoine REBISCHUNG (1847-1923)[*]

Dans les registres paroissiaux d’ODEREN, qui possède à l’époque la seule église de la haute vallée, nous ne trouverons pas moins de 16 familles HUG, 9 chez les BURREY et des patronymes qui deviendront ensuite légion dans la vallée et perdurent encore aujourd’hui : SCHMIDT – WALCH – ROBISCHUNG – UBERALL – FISCHER – GREINER – BRUNNER – FRÖLIGER – MULLER – HAUER – HEITZMANN – VOGT tous verriers ou bûcherons, tiseurs de four – fondeurs de fusion de verre – aide-verriers -  colporteurs de verre… etc..

Les KIENTZY,  quant à eux, également prolifiques par leur descendance encore actuelle, apparaîtront en 1758 par la venue de François Joseph KIENTZY fils de Jérôme époux d’Anne Marie SCHMIDT (encore une) elle même fille de Michel SCHMIDT et d’Elisabeth BURREY..

La verrerie devait être démolie entre 1885 et 1887 et avait fait vivre pendant des décennies des familles entières de verriers et d’autres profession annexes et tout aussi nobles.

WILDENSTEIN devait devenir pratiquement une petite « République » ayant à sa tête un Maire. Elle deviendra véritablement commune en 1796 avec les annexes du Bramont, Felsen (autrefois une Métaierie) Brücklé, Rotenbach (jadis un passage entre la vallée de Munster et la Bresse), Obergerstenbach, Neuroth, Kleinrunz, Hasenloch, Holzhauermatten, pratiquement toutes citées depuis le 18ème siècle.

vue_ancienne_Wildenstein

WILDENSTEIN autrefois...

Parmi ses Maires, nous ne devons pas oublié Zéphirin KIENTZY (Maire de 1835-1884) né en 1808 et décédé en 1884 à WILDENSTEIN, promoteur de la multiplication artificielle des poissons faite par Rémy et Géhin de la Bresse vers 1860 à WILDENSTEIN…, mais aussi Directeur de la Verrerie ainsi que des entreprises textiles locales. Membre du Conseil Général et Inspecteur des écoles du canton.

Madeleine Arnold Tétard

Sources : RP Soultz Guebwiller relevés André Ganter 1978 – Relevés BEHRA Wildenstein - Extrait de  «  Les Verreries de :

« Les verreries du pays de FERRETTE »  Saison d’Alsace du 16ème au 20ème siècle Edtions La Nuée bleue -Iconographies personnelles (coll.perso) – Histoire de Wildenstein Baquol coll. Perso - La plupart de ces familles sont dans mes branches de parenté du côté maternel de mon père.

[*]- F.A. Rebischung (°Wildenstein 28.6.1847 + Husseren Wesserling 10.3.1923) fut Directeur de l’école industrielle de Wesserling de 1873 à 1911. Ecrivain il a publié des récits de voyages mais aussi quelques études consacrées aux vieux métiers des Vosges « Le bûcheron de la vieille montagne » - « Le charbonnier des Vosges » « Les mémoires d’un guide octogénaire » et bien d’autres encore.

Publié par mes soins dans "ECLAT DE VERRE" Bulletin de l’Ass.des Verriers de l’Est n°6 – 2006 -

Plusieurs Association des amis de VERRIERS existent en Alsace citons : Les AMIS des VERRIERS de WILDENSTEIN Bulletin S'GLASERBLÄTTLE  mais aussi GENVERRE Généalogie des VERRIERS D'EUROPE à SARREBOURG Bulletin : ECLATS DE VERRE.

A noter que le Musée Serret de Saint Amarin conserve de nombreux verres, carafes décorées et bouteilles provenant de l’ancienne verrerie de WILDENSTEIN.

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