ASSIFARNOLD

Blog d'informations de notre association familiale

11 avril 2007

Les lieux-dits de KRUTH village de notre parentèle

Toujours d'après le Frère Joseph PETER (1979)

Le village de Kruth est inscrit depuis 1343 comme GEREUTH et en 1374 comme GERÜTE puis au 17è siècle GRUT qui deviendra KRUTH que l'on prononce KRIT...

armoiries_Kruth

date de 1980

D'or, à la terrasse ondée d'argent à deux fasces ondées d'azur, portant un mont de sinople surmonté d'une tour crénelée de gueules accostée de deux sapins de sinople, un écu d'azur au pal d'or chargé de trois chevrons renversés de gueules  brochant sur la partition.

Ces noms ont comme base le verbe "reuten - rüten" qui signifier défricher, tout comme rodern, ausroden ou ausrotten. Le nom "RODERN" a d'ailleurs la même origine.

Dans GEREUTH le préfixe "ge" désigne l'ensemble des défrichements qui ont eu lieu jusqu'au 11è siècle, c'est à dire du temps des Gaulois, des Gallo-romains puis des Vosgiens.  Le terme "Carillé" dérive du mot vosgien "quarelle" qui désigne un terrain carré. C'est bien le cas d'un ensemble de prairies et de champs à gauche de la route qui mène d'ODEREN à KRUTH et au sud du FOSSBUHL. Cette étendue constitue presque un kilomètre carré.

KRUTH_ANCIEN

Le beau village de Kruth dans le fond de la Haute vallée de la Thur

Près de Remiremont et Saulxures se trouvent plusieurs "quarelles".

Le GRIEB est une formation gauloise dont la racine est également "car" qui se dit d'un terrain rocailleux et d'où provient le mot "gravas" ou "grèves" que l'on trouve en Grébimont (Steinberg) et Grébur (plateau pierreux) dans les Vosges.

Le GUMM ou CUMM dérive du pré-celtique "camb" qui est devenue cumba en gaulois et combe en français et qui désigne des dépressions, des vallons en forme d'auge, de cuve.

Le RITLE peut avoir pour base le terme gaulois "rit" qui veut dire un gué ou un passage. Le passage étroit entre le SCHLOSSBERG et le WINGWALD est devenu le "Rittle".

Le TSCHAGE ou tschagé est une élévation morainière modeste mais allongée près du pont de KRUTH provenant d'un mot gaulois "cagio" devenu quai et chais..

Le BITSCHA dérive du latin "bestia" qui veut dire biche en gallon-romain. Le BITSCHA est le ruisseau de la biche comme à St Amarin où l'on trouve le HIRSCHEBACH.

Le WINDERONG est un composé gaulois de "vindo" qui veut dire blanc et de rang que les Vosgiens prononcent "rong" et qui désigne une forte pente.. Le Winderong est donc une hauteur longtemps couverte de neige et assez abrupte au dessus du village. D'où provient également le WINDERGE qui est un champ blanc et qui pour le RUNDCHE ou RUNSCHE est le Rondchamp Vosgien.

Le DUNTLE peut provenir de "Dumetellum" composé du latin dumetum qui se dit d'un terrain défriché autrefois très broussailleux.

Le FETSCHERE provient de la fougère prononcé "feigères" ou "feugères" et enfin "féchères" par les Vosgiens.

Le GUTSCHENE veut dire la goutte, l'endroit humide couvert de genêts puis défriché.

Le FAULER est la prononciation alsacienne du vosgien "fouillard" qui signifie également broussailles reconverties en terrain cultivable.

Le FRENTZ ou FRANTZ est le hameau où les Francs ou les Vosgiens se sont retirés devant les nouveaux occupants. En France il y a d'autres FRANTZ ainsi des Frans, des Frains, des Frends en sont-ils dérivés.

Le SOLMONT est le mont des saules

Le SELLWALD est la forêt des Aunes que les Vosgiens appelles Zelles ou Zèles.

Le KIMENE provient de la racine gauloise "camino" prononcé "kimené" par les Vosgiens.  Ce qui signigie CHEMIN... les Kimenematten sont des prairies traversées par un chemin.

Le STRASS provient du latin "stratum" qui se dit d'une étendue plane mais aussi d'une voie rendue place par la pose de dalles. Le gallo-romain formait de stratum - stress de l'ancien français en faisait "estrées" - le strass de Kruth n'est pas à l'origine une voie pavée c'est une étendue plane - ce mot vient aussi du celtique strath -

le SANTISASCH - un vallon latéral où se trouve la chapelle SAINT NICOLAS s'appelle ainsi - ce drôle de nom pourraît être formé de "Santiklaus" devenu par altération Santiklass et finalement prononcé Santisasch, Santisage par les Vosgiens.

CHAPELLE_ST_NICOLAS_ANCIENNE

l'ancienne chapelle SAINT NICOLAS au dessus d'ODEREN-KRUTH

Le BURBACH formé du mot alaman "burren" veut dire bruyant, bourdonner, comme Lautenbach composé de laut qui veut dire sonore et de bach.

Le SCHAFFERT est l'abréviation de Schafhürde qui veut dire le parc des brebis. Le village de Wildenstein a pris son nom du mont-îlot voisin. Le Schaffert se situe très au dessus du village de KRUTH et comporte encore une très belle ferme auberge avec ses pâturages.

La WERSCHMATT au dessus de la chapelle St-Nicolas est la prairie des Värsen ou Kalbinen qui signifie les génisses.. beaucoup de pâtures sans doute lui ont donné ce nom, lieu où se situe également une ferme auberge.

Le BUTTELMATT  nom de l'appariteur autrefois appelé "Büttel" et qui est appelé aussi Wachtmeister dans la vallée.

Les LISELMATTEN étaient d'abord les LÖSELMATTEN qui sont des petits lots de prairies. Les quatre communes du fond de la vallée partagèrent entre elles les terres de la Cour Colongère de l'Abbaye de MURBACH et en faisaient des lots que les habitants pouvaient louer et plus tard acheter. Le LUSCHUWEL est aussi de cette catégorie.

Le SICKBUHL désigne la colline où pousse la "segge" ou lèche appelée aussi Riedgras.

Le FOSSBUHL désigne la colline des renards (Foss ou Fuchs)

Le WING peut provenir de "winden ou wenden" et se dit de l'élargissement d'un chemin carrossable mais étroit.

Le SCHUFELRUCKEN  est une pente, autrefois inculte mais défrichée avec la permission de l'Abbaye de MURBACH qui revendiquait le "Shüfelrecht" le droit d'autoriser un défrichement avec la pelle (schaufel) et le pic.

Les noms Vosgiens des lieux-dits de KRUTH prouvent que cette région fut d'abord défrichée et colonisée par l'Abbaye de REMIREMONT fondée en 620, elle étendait ses possessions sur les deux versants des Vosges.

Tous les grands pacages du Ballon d'Alsace jusqu'au Lac Blanc lui appartenaient, mais peu à peu, l'Abbaye de MURBACH accapara toute la haute vallée de Saint-Amarin et le couvent de REMIREMONTen garda seulement la suzeraineté théorique et illusoire.

M.A.T. Sources Les noms des lieux et des lieux-dits dans la vallée de St Amarin par Fr. Joseph PETER Prêtre de BITSCHWILLER collection ASS.I.F.ARNOLD

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08 avril 2007

Les lieux dits d'ODEREN village de la parentèle

D'après le Frère Joseph PETER de BITSCHWILLER (1979)

Un blason ancien rappelle le passé d'ODEREN de nom gaulois "ALTODURUM" qui veut dire : refuge fortifié sur une hauteur "Hohenburg". Avec le temps, le terme Altodurum fut progressivement abrégé pour devenir finalement "ODR" - ce blason représente une montagne surmontée d'une fortification  avec au centre une tour, à dextre se trouve trois oiseaux volant et au dessus de la tour "ODR" - la montagne possède à la base des sapins et au centre des touffes d'herbes, aujourd'hui ce blason est le suivant comportant le chien de l'abbaye de MURBACH dont ODEREN était dépendant au XVIIème siècle :

oderen

Datant de 1976

Parti, au premier de gueules à deux clés d'argent posées en sautoir,

au second d'argent au lévrier de sable colleté de gueules, enté en pointe, d'argent

Les noms et les lieux-dits peuvent révéler quelles populations ont habité en ces endroits. Un exemple très intéressant en est fourni par le nom du village d'ODEREN et par les appellations de ses lieux-dits ou écarts.

Le terme d'ALTODURUM inspira Charles ROSTAING, professeur honoraire à la Sorbonne qui sur l'interrogation de l'abbé PETER,  lui avait suggéré cette appellation toponymique "ALT" à savoir HAUT et "DURUM" à savoir Citadelle, refuge fortifié ou Fort, ce monticule haut d'une centaine de mètres domine le village avec aujourd'hui, en lieu et place du Fort,  la belle église qui le surplombe. Le "O" relie les deux termes qui eux-mêmes ont une origine ancienne.

Par l'évolution phonétique gauloise "ALTODURUM" est donc finalement devenue Odèr, accentué sur le è. Mais les derniers occupants de la région, les Alamans, ont seulement dans  leur mode linguistique reculé l'accent sur l'"O" et ainsi a été formé définitivement le terme "ODR" soit : ODEREN aujourd'hui.

Le toponyme ODR ne vient donc aucunement de l'Alaman "ADER" (veine) et il cadre bien avec les noms archaïques des lieux-dits qui entourent le village.

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ODEREN vue des années 50

Plus haut que la rue Dürrembach se trouve deux  groupes de maisons appelés "Klein-Cosch" et "Gross-Cosch". Les professeurs DAUZAT et ROSTAING font dériver ce terme de la racine indo-européenne "Kukk" ou "Cucc". Dans les Alpes, il y a de nombreux "Cosges" et dans le midi de multiples "cuges" tous situés, sans exception, sur des élévations et l'on sait que la rue Dürrembach monte considérablement pour atteindre le "Tschar"... En continuant ce chemin du Cosch on y arrive justement au Tschar (lieu où vécurent mes aïeux pendant une grande période du siècle dernier) Ce nom est aussi d'origine pré-indoeuropéenne et désigne un lieu pierreux. Sa racine vient de "kar" qui est devenu dans le langage de nos ancêtres "Tschar".

De la même racine est formé le toponyme "Altscher".. "Al" en indo-européen veut dire hauteur ! Al-Tschar devenu ALTSCHER est une hauteur rocailleuse au dessus du village.

Nous trouvons ce détail dans le nom des "Kalafelsen" qui forment un grand massif de rochers au nord du "Suterlay". Les Alamans qui ont constitué ce doublet "kalafelsen" ne pouvaient pas savoir que "Kala" et "Felsen" désignent la même chose. Du radical "Kala (Cala) provient le terme Calamis abrégé en "calm" qui est devenu "Schalm" à ODEREN et désigne un terrain pierreux près du "HINTERGOTT". De calamis s'est formé le terme "Chaumes" nom appliqué aux pâturages pierreux des Hautes-Vosges !

Le "TREH" est une de ces chaumes. Son nom a comme base le pré indo-européen "tr" ou "ter" = "tritus" en latin et "tresk" en pré-germanique en viennent les termes "Tresk" qui est devenu "dreschen" et veut dire : battre, abattre, faire un abattage, une coupe. Trêh désigne donc un défrichement. On sait que les crêtes des Vosges étaient autrefois boisées et furent dénudées peu à peu par le rude travail des éleveurs pour en faire des pâturages d'été..

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Les hautes chaumes ici "le Honeck" vers 1950

La rue à l'ouest de la place d'Oderen s'appelle la "GORT". Ce toponyme a comme racine "Gher", "Ghor" devenu "chortos" en grec, "hortus" en latin et "cort" en celtique et qui signifie "enclos" d'un lieu fortifié. Ce refuge défensif se trouvait sur le monticule abrupt portant désormais l'église et le cimetière, le tout entouré par un mur solide et certainement fortifié.

Lorsque l'on traverse le pont à la limite de la rue de la Gort, on arrive à un groupe de maisons appelé "RITSCHA". Ce toponyme est formé du gaulois "ritu" ou rit qui désigne un gué. Le passage a été utilisé avant la construction du pont sur la Thur. L'autre composé de Ritscha est le celtique "caé" qui veut dire maison et est devenu "Tscha". Le RITSCHA est donc le hameau près du gué.

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Le quartier de la rue de la Gort sous le monticule de l'église

Autre lieu dit de provenance vosgienne est le "BRECHEL" qui est un diminutif de "Breuche" comme les Breuchettes et Breuchaules dans la région de Remiremont qui veulent dire : défrichements.

Près du "Bréchel" se trouve le "GRANDSCHE". Assez souvent les Vosgiens prononcent "Champ" comme "ché" le Gransché est donc un grand champ, de même que le Rundsché ou Rondché ou RUNSCHE à KRUTH est un champ rond, (premier lieu où vécut Claude ARNOLD lors de sa venue à KRUTH).

Plus loin se trouve le "Taschlé" nom provenant d'une formation venue du bas-latin "taxo" devenu "taisson" en ancien français et "Daschs" en allemand. Le "TASCHLE" est donc un endroit où il y avait un repaire de blaireaux. Le "BRAY" est une prairie au nord d'ODEREN sur le bord de la THUR. Ce terme dérive du bas-latin "Bracium" qui signifie "terrain humide" et qui formait autrefois le "Brayweiher".

Au dessus du Tschar on aperçoit un petit monticule arrondi et symétrique sur lequel se trouve un arbre c'est le "GUMMKOPF" - GUMM a comme base celtique "cumba" devenue "comm(e)" avec un "e" muet qui signifie une dépression en forme d'auge. Dans ce haut-vallon concave s'élève donc le Gummkopf comme un immense kougelhof !!!

Le "MAREL" ou MAËRLE est un hameau perché d'ODEREN. Il tire son nom du "Märelweiher" situé en bas du groupe de maison qui le compose, sorte de petit étang poissonneux ou petite "mer" ou lac... plus précisémment ici le mérelle  est un étang. Le terme Märelweiher est donc un doublet, une tautologie, ses deux composants signifiant la même chose. Les Alamans ont formé ce terme ne connaissant pas le sens de "Mérelle".

En sortant d'ODEREN pour aller sur KRUTH on voit à droite le "FONTAY" champ et forêt. Ce nom en Vosgien veut dire fontaine mais est formé de "font" et du suffixe collectif "aille". 

Une hache de pierre polie fut retrouvée au TREH et une autre découverte à ODEREN même, proviennent des temps néolithiques, donc d'au moins 3000 ans avant JC. Dans l'étang du Märel on a découvert des restes de pilotis,  preuves d'habitations lacustres préhistoriques (Pfahlbauten, palafittes).

On ne connait pas vraiment le nom des premières peuplades qui ont vécu sur cette région, toutefois, il paraît que de ces habitants préhistoriques, les Basques (Vascones) seraient les premiers qu'on puisse nommer.

Les Historiens qui admettent cette possibilité, interprêtent le "Vogesus Mons" comme la montagne des Basques. Aussi le WASGENWALD, WASGAU, WASIGENSTEIN, rappelleraient la présence des Basques dans les Vosges ! Ils auraient été refoulés par les Ligures, ceux-ci par les Gaulois et les Gaulois romanisés par les Alamans. Dans cette succession de peuplade, les conquérants ont conservé certains noms de lieux et de lieux-dits de leurs vaincus, comme le prouve donc la toponymie d'ODEREN et de ses environs.

Un Castellum semble avoir existé sur le Kastelberg, également sur le Marelberg, d'où ils pouvaient contrôler tout le fond de la vallée. Dans le Marelweiher, des monnaies romaines en or dont les dates vont jusqu'à vers 400 après JC ont été retrouvées.. ODEREN avait donc son trésor, mais plus encore que celui sonnant et trébuchant c'est un village attachant, plein de vie, fleuri, et où il fait bon vivre chaque jour de l'année.

à suivre toponymie de Kruth...

M.A.T. sources : Les noms des lieux et des lieux-dits dans la vallée de Saint-Amarin par Fr. Joseph PETER Prêtre retraité de Bitschwiller les Thann - collection ASS.I.F.ARNOLD -

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04 avril 2007

LES PRENOMS DE NOS ANCETRES

  • LES SAINTS SERONT POUR LES BAPTISÉS DES MODELES DE VERTU QU'ILS AURONT A IMITER ET DES INTERCESSEURS QU'ILS AURONT A SE MÉNAGER AUPRES DE DIEU…

Notre nom est ancien… vieux de plusieurs siècles, cependant notre prénom, lui aussi à une HISTOIRE ..

La transmission d'un prénom familial a toujours été une source d'étonnement pour le généalogiste !

L'attachement à un Saint-Patron où à un prénom "bien porté" et évoquant quelques ancêtres glorieux a toujours plus ou moins guidé les choix de nos aïeux, comme nous même d'ailleurs aujourd'hui ! Un choix pourtant très vaste s'offrait à eux avec tous les saints du Paradis … Jacques DUPÂQUIER, éminent démographe, s'est déjà penché sur la question et je ne vais pas refaire son travail pour vous raconter l'histoire des prénoms d'autrefois… Non, malgré tout, il me semble judicieux et même utile, pour la bonne compréhension du choix des prénoms que nos ancêtres ont porté, de vous fournir quelques explications que je tirerais de son ouvrage (Gé-MAGAZINE Spécial n° 1 CES PAYSANS NOS ANCÊTRES Juin 1984 -Jacques DUPÂQUIER)..

Un prénom, un parrain, un père, un vocable paroissial, voilà tout autant de facteurs qui seront retenus et rivaliseront entre eux pour le choix… Ce qui n'empêchait pas, un individu, de changer de prénom lui même si celui-ci ne lui convenait pas !

Pourtant, l'étude des prénoms et de leur mode d'attribution commence à passionner anthropologues et historiens de famille et pour ces derniers, dans le cas qui nous importe, l'étude sert à saisir le mode d'attribution des prénoms pour : connaître le vécu des structures familiales…

  • QUELQUES QUESTIONS SE POSENT ALORS :

Lesquels étaient-ils le plus spécialement honorés ?

  • SAINTS LOCAUX                                    

  • PATRONS DE PAROISSE

  • LA RÉFORME CATHOLIQUE A T'ELLE RÉUSSI A ÉLIMINER LES PRÉNOMS PAÏENS

  • DE QUELLE ÉPOQUE DATE LES PRÉNOMS  COMPOSÉS ?          

  • PAR LA MÊME LES DOUBLE ET TRIPLE PRÉNOMS ?

  • COMMENT ÉTAIENT CHOISIS LES PARRAINS ET LES MARRAINES ?

  • ATTRIBUAIENT-ILS TOUJOURS AU FILLEUL(LE) LEURS PROPRES PRÉNOMS

  • OU AVAIT-IL UNE EXCEPTION EN FAVEUR D'UN ÊTRE CHER DÉCÉDÉ PRÉMATURÉMENT ?

    Et tant d'autres questions encore… qui se pressent à l'esprit de l'historien familial lorsque devant une multitude de prénoms retrouvés dans les registres paroissiaux ou dans les archives familiales, se pose à lui un travail de statistiques et de comptage des prénoms portés par ses ancêtres…

    Au commencement, c'est à dire au 9ème et 10ème siècles ( au préalable les documents existants sont rares et décevants) 85 à 90% de nos ancêtres portaient des prénoms d'origine GERMANIQUE tels :

    -           Aimericus - Rotbertus ou Uge - rares sont les prénoms d'origine chrétienne tels que : Johannes - Pétrus - Stéphanus et leurs féminins…

    Les choses évoluent aux deux siècles suivants, le 13ème constitue une étape décisive, les prénoms chrétiens concernent désormais 57% des hommes et le mouvement se poursuit irrésistiblement aux deux siècles suivants.

    DEUX PRÉNOMS : Pierre et Jean se taillent la part du lion, puisqu'ils servent à eux seuls à nommer ainsi environ la moitié de la population masculine, PIERRE d'abord en tête étant dépassé par JEAN au 15ème siècle.

    Pour les femmes se sont : Pétronille et Jeanne ainsi que Marie !

    Ainsi, dès la fin du 14ème siècle, la christianisation des prénoms est acquise pour la quasi totalité de la population hommes et femmes, nobles, bourgeois et paysans.

    Pour donner un exemple concret dans notre FAMILLE ARNOLD QUATRE de ces PRÉNOMS,  excepté PÉTRONILLE servent à 60% pour nos ARNOLD du 17ème siècle !!!

    Dans les dernières décennies de l'ancien régime, on peut noter aussi, l'apparition de prénoms nouveaux :

    Adélaïde - Sophie - Julie - Alexandre - Auguste - César -….la diffusion des prénoms révolutionnaires aurait pu constituer une véritable rupture mais celle-ci a été trop limitée dans le temps (1793-1795) et seulement dans quelques villes pour être autre chose qu'un simple accident de parcours…

    VOILA DONC POUR LA GRANDE HISTOIRE GÉNÉRALE DES PRÉNOMS selon Jacques DUPÂQUIER…

    • VENONS EN MAINTENANT AUX PRÉNOMS LES PLUS BIZARRES DE NOS ANCÊTRES ARNOLD (étude que j'ai faite de 1679 à 1930 seulement) et ensuite je vous parlerais de quelques saints dont le prénom a été porté par certains de nos ancêtres…

    Vous noterez, dans les prénoms qui suivent cette origine GERMANIQUE rappelée ci-dessus par le Professeur qui, pour nos ancêtres se trouvait être naturellement admise de par leur situation géographique :

    PRÉNOMS LE PLUS COURAMMENT PORTÉS PAR NOS ANCÊTRE ARNOLD DE KRUTH….

    (par ordre d'apparition dans la chronologie des baptêmes)

    BURGHARD - APPOLINE - CLADINA - EUPHROSIE (ou INE) - MATHIS - MEINRAD - WENDELIN - MELCHIOR - WALBURGE - ÉRASME - CONRAD - THADÉE (ou THADÉUS) - CHRÉTIEN - CUNIGONDE - ZACHARIE - SÉRAPHIN MORAND - URBAIN - AMBROISE - REINHARD - ACHATIUS (GILLES) - BERTHILDE - ROMAIN(E) - DAGOBERT - ALBINA - MATERNE - ADALBERT - JEAN CHRYSTOME - FRIDOLIN - MARIE-RUFFINE - BIBIANNE - MARIE-TENSTINE - CRESCENCE - HERMANN - SYLVESTRE - GODEFRIED - LAZARE -

    ÉMERENCE - PHILOMENE - ROMUALD - ILLIANUS (JULIEN) - CÉSARINNE - PROSPER - EPHREM - ADELPHE - CONSTANCE - ANGÉLIQUE - OSCAR - OTTO - ABEL - JOHAN - LÉANDRE - EVE - GERTRUD(E) - AGATHE - BLAISOTTE (BLAËSAT) - PÉLAGIE -….parmi les plus originaux bien sur !….

    Voilà donc pour les moins courants mais très souvent portés par nos aïeux ARNOLD au cours des siècles.

    Pouvons-nous imaginer un petit être venant au monde affublé d'un prénom aussi peut ravissant !

    Aussi détournait-on bien souvent ce "rude" prénom par un petit surnom ou un sobriquet pour nommer dans l'intimité les chers petits, qui, malheureusement pour certains ne sont point parvenus à vie d'adulte !

    Ils avaient en effet trouvé une astuce pour se différencier les uns des autres, car portant bien souvent, dans une même famille, le même prénom plusieurs fois - ON AJOUTAIT A LEUR PRÉNOM LEUR PROFESSION - tels les exemples suivants (fournis d'ailleurs par une de nos cousine ARNOLD lors du premier rassemblement familial en 1983 et que je remercie du fond du cœur)

    On voudra bien excuser mon orthographe approximative alsacienne car elle m'avait donné verbalement ces surnoms….

    AINSI QUELQUES ARNOLD VONT-ILS DEVENIR :

    ARNOLD Joseph SILVÉRYSEPP

    ARNOLD Leon SEPP MATHIS LÉO

    SES SOEURSSEPPS MATHIS MAÏDLA

    ARNOLD AugusteHRÔUNHOLZ GÜSTI

    ARNOLD Eugène MACHINISTO

    ARNOLD Alfred. SCHLOSSER FREDDY

    ARNOLD Séverin GRIET SÉVÉRI

    ARNOLD Auguste (2ème). BASIL GÜSTI

    ARNOLD Augustin (Maire de KRUTH pendant longtemps) GÖRG HANS AUGUSTE

    La liste risquerait d'être longue si l'on continuait ainsi sur tous les prénoms portés par nos chers ancêtres et à ce sujet on peut également se référer à l'article d'EUGENE ARNOLD "LA FAMILLE ARNOLD de KRUTH son origine, ses armes" (publication interne association)

    On le constate, ce n'était point mauvaise idée n'est ce pas, il suffisait d'y penser ! Ceci permit à nombreux ARNOLD de se reconnaître entre eux, leur métier étant rajouté à leur prénom ou au nom de leur père !

    • QUI ÉTAIENT SAINT ARNOULD… et SAINT AMAND….. ?

    SAINT ARNOULD : Il naît vers 582 à LAY SAINT CHRISTOPHE au nom de NANCY, descendant des comtes de SOISSONS par son père et par sa mère d'une famille souabe. De son mariage, il aura deux fils, dont l'un sera l'ancêtre des CAROLINGIENS. Sa femme s'étant retirée au Couvent, il devient lui même un ermite dans les GORGES DU LOUP près d'EPINAL.                                     

    Il montera pourtant sur le trôle épiscopal en 612 à METZ et sera précepteur de DAGOBERT et l'ami du roi CLOTAIRE. Il reprend sa vie d'ermite en 627 à REMIREMONT et meurt en 640. (voir notre article spécial ST ARNOUL)

    l

    Saint_ARNOULD___Image_Epinal___Noir_et_blanc

    SAINT ARNOULD patron des Brasseurs (image d'Epinal)

    Les Messins réclamèrent sa dépouille en juillet 641 : "Il fait une chaleur torride, une seule cruche de cervoise (sorte de bière) s'offre à désaltérer nos pauvres pèlerins arrêtés un temps à CHAMPIGNEULLES… NORTHON se met alors à prier "Bienheureux SAINT ARNOULD, vient calmer notre soif, ta puissante intercession va pourvoir à ce qui nous manque" ! Et le miracle de la bière s'accomplit : les pichets de cervoise bien fraîche se mirent à croître et à multiplier comme par enchantement … 

    Tout cela est-il bien réel….laissons la légende et saluons le saint des BRASSEURS et qui est notre saint patron également puisque nous portons son NOM légendaire

    SAINT AMAND : Un prénom curieusement porté par UN SEUL ANCÊTRE ARNOLD et qui mérite également le détour (ancêtre de Mademoiselle Lucienne LAPOINTE notre cousine de BRUNSTATT aujourd'hui décédée). Qui était donc ce saint ?

    SAINT AMAND est mort en 679 et fut Evêque itinérant , puis de TONGRES-MAESTRICHT (vers 646-647) il évangélisa les FLANDRES, LA FRISE et le HAINAUT et fonda de nombreux monastères dont celui d'ELMONE et celui du MONT-BLANDIN.

    saint_amand

                 Saint Amand

Et Quelques autres prénoms…. Tels qu' Aloyse - Stève - Eudes - Gérard - sont des dérivés d'AMAND et si l'on en croit la légende, ils savaient se soutenir les uns et les autres !…

EN CONCLUSION : voici maintenant les prénoms les plus souvent portés par nos ARNOLD et vous constaterez qu'ils rejoignent tout à fait les statistiques données au début de cet article :

HANS - (Jean) - JACOB (Jacques) - PETER (Pierre) - et tous leurs composés…

THIÉBAUD (THIBOLD) - BARTHEL (BARTHÉLÉMY) - GASPARD - JOSEPH - ANTOINE - GEORGES  pour les garçons dans l'ordre d'importance...

MARIE (Maria) - et tous ses dérivés .. et puis ANNE - BARBE (Barbara) - CATHERINE - pour les filles… et autant de JEANNE avec ses composés …

M.A.T.

100px_English_language_icon_svg cliquez sur le tableau pour retrouver cet article en anglais

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29 mars 2007

QUI SONT LES MARGUILLIERS ?

Notre ancêtre Claude ARNOLD fut Marguillier pour l'abbaye de Munster du petit hameau d'Ampfersbach (1651 à 1657) et pour la chapelle dite du SCHWEINSBACH où il accueille les pélerins, sonne les offices et rédige le registre de la Fabrique de cette petite paroisse dépendant de la grande abbaye.

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Le Marguillier de la Chapelle de SCHWEINSBACH près MUNSTER

Mais savons-nous exactement quel est le rôle du MARGUILLIER ? (prononcé Mar-ghi-lié)

Autant de questions qui peuvent se poser, lorsqu'au détour d'un registre paroissial, nous trouvons la mention de ce "poste" sans trop savoir exactement à quoi il correspond et surtout  à quel personnage du Clergé il se rapporte ?

Ce nom est donné à chaque membre du Conseil de Fabrique (Administration de la Paroisse). Le Marguillier est choisi parmi les Fabriciens pour composer un bureau sous le titre de Président-Secrétaire et Trésorier.

Les Marguilliers sont chargés de dresser le budget d'une Fabrique, de préparer les affaires qui doivent être portées en conseil, d'exécuter ses délibérations et de diriger l'administration journalière du temporel de la paroisse.

Anciennement, ils étaient surtout les Trésoriers Receveurs et Payeurs des revenus des Fabriques et des Confréries.

Ils apparaissent en même temps que s'installent les tenues des REGISTRES PAROISSIAUX et que les comptes commencent à devenir sérieux au sein du très puissant Clergé sous l'Ancien Régime. Tout au moins pouvons-nous les répertorier dès cette époque.

Ils sont choisis parmi les notables et bourgeois, doivent savoir lire et écrire et sans nul doute compter. Mais leur rôle ne s'arrête pas seulement aux devoirs administratifs, les Marguilliers devaient aussi, souvent dans les petites paroisses, chapellenie (comme notre Claude ARNOLD), sonner les offices, accueillir les pélerins, s'occuper des inhumations, bref, un homme à tout faire ou presque au sein de l'Eglise, un laïc avec une vie de famille et profession annexe.

Nous le constatons un homme fort occupé et ayant des responsabilités très importantes et multiples. Tellement importantes que ce poste privilégié du Marguillier est tout en puissance jusqu'à la fin du 16ème siècle et que le roi s'en inquiète quelque peu...

Effectivement,  Louis XIV, devant certaines plaintes qui vont en s'accentuant, décide sur le conseil éclairé de ses Ministres et surtout pour plaire au Clergé, de créer des Offices de Trésoriers-Receveurs-Payeurs des revenus des Fabriques et Confrèries de chacune des paroisses de la ville de Paris et autre villes du royaume par son Edit de février 1704.

Ces Offices seront héréditaires et ne seront plus tenus par un seul mais par trois Membres. l'Edit stipulait en substance "qu'ils seront Marguilliers perpétuels et auront rang immédiatement après les Marguilliers Honoraires dans les paroisses où il y en aura, et au premier rang dans les paroisses sans Marguilliers Honoraires. Ils jouiront des mêmes honneurs, droits, privilèges et fonctions dont jouissent les autres Marguilliers".

Nouveauté encore, ces Marguilliers ne pourront prendre aucune taxation sur les revenus de la Fabrique, ce dont ils ne se privaient vraissemblablement pas auparavant !! Ils auront alors également la charge des Archives de la Fabrique et des Confréries (comme par exemple les Confréries de la Charité) et devront en remettre régulièrement les titres par de brefs inventaires et les déposer dans un coffre dont le curé détiendrait la clef.

Dans les Archives communales, série Ancien Régime (antérieur à 1792) se trouvent en série P, nombreux documents qui nous renseignent sur cette fonction quelque peu privilégiée.

La fonction de Marguillier prendra un coup d'arrêt momentané à la Révolution mais ce dernier, s'il n'existe plus dans sa forme ancestrale et si son titre a quelque peu changé, est toujours présent au sein des paroisses où il s'occupe de la partie comptable de la Fabrique.

jpgBELLE_VUE_DE_SCHWEINSBACH

L'ancienne chapelle de SCHWEINSBACH telle que l'a connu Claude ARNOLD avec en dessous la maison du fermier

M.A.T.

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27 mars 2007

Jean Pierre APPRILL nous a quitté le 21 mars

A toi Jean Pierre le poète, l'artiste tout notre chagrin de te voir reparti vers ceux que tu as aimés, appréciés, je ne te connaissais qu'au travers de ce que France nous en disait et aussi de tes témoignages si poignants dans "Malgré-nous"(*) mais aussi, moi la modeste aquarelliste, j'appréciais par dessus tout tes dessins si fragiles, si plein de vie et ces poèmes qui les accompagnaient parfois... comme celui-ci tiré de tes souvenirs et "des illusions perdues"

C'était le temps de leur jeunesse

De l'extravagance, de l'allégresse

Des amourettes débordantes de tendresse

De la vie les fabuleuses promesses

Ardentes se vivaient les amitiés.

Magnifiques s'annonçaient leurs projets

L'imaginaire leur servait de repère

Ce conflit ne les concernait guère

*

Hommage sur geneablog

http://geneablog.typepad.fr/geneablog/

Adieu Jean Pierre, notre cousin, .. par delà les mots... c'est un livre qui s'achève mais ne se ferme pas.

Madeleine Arnold Tétard

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19 mars 2007

LA BELLE VALLEE DE SAINT AMARIN

Texte d'après celui de Paul STINZI "La vallée de St Amarin au cours des siècles"

Une voie romaine bifurquant de celle longeant le pied des Vosges près de CERNAY, passait par la vallée de SAINT AMARIN. En face de la Filature de laine peignée de MALMERSPACH, elle quittait le fond de la vallée et entaillait, au dessus de l'actuelle voie ferrée, un promontoire rocheux de la montagne (voie romaine découverte en 1910 par Désiré Lutz et remise à nu en 1966 par les lycéens de Thann)

On peut y voir deux ornières parallèles creusées dans le rocher. Cet endroit est cité en 1342 sous le nom de Hauwenstein (Christian WILSDORF Dans la vallée de la Thur aux XIII et XIVè siècles) pour pénétrer dans le val d'URBES et sous la dénomination "alter Weg" monter vers le col de Bussang, puis redescendre vers Saint-Maurice. La route romaine reliait ainsi la vallée de la Thur à la vallée de la Moselle. Ce chemin par le col de Bussang servait également après les grandes invasions.

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LA BELLE VALLEE DE ST AMARIN  (lithographie de Charles GRAD - Ancarpost)

Au VIIè siècle, il est question d'une petite agglomération du nom de DOROANGUS sur les bords de la Thur où un moine, venu sans doute de Luxeuil avait fondé un petit couvent, situé probablement à l'emplacement du cimetière de ST AMARIN (an 625). La chapelle, remplacée plus tard par l'église du couvent, fut consacrée à SAINT MARTIN dont le culte fut précisément répandu par Luxeuil. La fondation du couvent dont les moines suivaient la règle sévère de Saint-Colomban, avait été autorisé par Warnaachaire, Seigneur de la vallée. Celle-ci était couverte de forêts étendues où seule existaient quelques fermes près de DOROANGUS et sur la Thur poissonneuse. Le moine AMARIN, fondateur du couvent, fut guéri d'une maladie par Project ou Projet,évêque des Arvernes, de passage à DOROANGUS. Plus tard, Amarain ayant fait une visite à Project, fut assassiné avec celui-ci à Volvic en Auvergne (an 676). Leurs reliques furent transférées à l'église Saint-Martin de DOROANGUS, berceau de la future ville de Saint-Amarin.

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VUE ANCIENNE DE ST AMARIN réalisée par Hans KLAUBER  (artiste Bâlois) au 16è siècle

(coll. Ass.I.F.Arnold tous droits réservés)

Le couvent ne se développa guère. Vers 1191 il fut transformé en chapitre de chanoines séculiers qui fit construire une collégiale romane ressemblant à celle de Vieux-Moutier de St Mihiel. En 1442, le chapitre de Saint-Amarin fut tansféré à Thann dont l'église Saint-Thiébaud devint ainsi une collégiale. Les chanoines continuaient, toutefois, à assurer le culte à l'ancienne collégiale à Saint-Amarin et de Saint-Project. Elle se trouvait sur l'emplacement de l'église paroissiale Saint-Martin actuelle. Quant au premier sanctuaire, dédié à St Martin, il devint propriété de l'abbaye de MURBACH.

Par les traités de WESPHALIE (1648) mettant fin à la guerre de 30 ans, les territoires autrichiens en Alsace dont par exemple la seigneurie de Thann passèrent au roi de France tenant à la seigneurie abbatiale de MURBACH et elle parvint au roi par les Chambres de Réunion (1680-1684).

Reconstruit après 1648, le château de Saint-Amarin que l'on voit sur la vue de Hans KLAUBER, fut à nouveau sinistré en 1665. On utilisa les pierres de taille pour la construction de l'église d'ODEREN en1693. Seule une tour ronde de l'ancien château existait encore au XVIIIè siècle. Elle est mentionnée par l'historien SCHOEPFLIN. En 1807 on construisit sur le rocher du château disparu une maison qu'on appelait "Schlessel".

Après l'incendie du château en 1665, le bailli habitait sans doute une maison non loin de ce château ruiné. En 1737, l'abbaye lui fit construire une nouvelle demeure près de la porte haute.

L'ancienne église collégiale de Saint-Amarin, tombée en ruines, fut démolie autour de 1750 lors de la construction de l'actuelle église paroissiale (1757 à 1762) qui fut consacrée en 1786 par Casimir de RATHSAMHAUSEN, Prince abbé de MURBACH. Elle s'élève sur l'emplacement de l'ancienne collégiale dont les pierres avaient été utilisées pour la construction du nouveau sanctuaire.  Celui-ci conserve une superbe Vierge provenant de l'ancienne collégiale. Une belle chapelle évoque le souvenir de Saint-Amarin. Quant à l'ancienne église Saint-Martin au cimetière, elle fut démolie en 1809.

Autour de Saint-Amarin des agglomérations se formèrent au cours des siècles : Hintervogelbach, Meerbaechle, Kattenbach, Breuil (grande ferme de MURBACH puis à partir du dernier siècle, le blanchiment de l'industrie de Wesserling) Vogelbach fut réuni à Saint-Amarin.

La ville et le bailliage de Saint-Amarin restèrent sous la domination de l'abbaye de MURBACH jusqu'en 1789. Le Bailli qui résidait à Saint-Amarin donna les terres abbatiales en fief à des familles nobles (les STOER - WALDNER etc.. et aux nobles de Wattwiller, d'Altenach, de Schweighouse, de Hastatt). Le bailliage était divisé en Mairies (Meiertümer).

Abbaye_Murbach_bis

ABBAYE DE MURBACH (photo B.Lichtenberger tous droits réservés)

Les ressources de la vallée furent multiples mais parlons également de la vigne qui fut cultivée sur les pentes ensoleillées de Willer sur Thur, de Saint-Amarin et même de Mollau autrefois et qui le sont toujours sur les coteaux perchés de Thann ouvrant ainsi la porte de la route des vins tellement fréquentée..

On y mentionne aussi la culture du trèfle, du blé, du chanvre, de la pomme de terre, l'arboriculture, la distillation de la gentiane. Les ruisseaux autrefois étaient riches en truites et en écrevisses. Chaque village avait au moins un moulin. Nombreuses étaient les scieries. Les habitants étaient Bûcherons, Charbonniers, Schlitteurs. Un nouvelle richesse fut découverte au cours des siècles : l'exploitation minière (G. SIFFERLEN La vallée de Saint-Amarin Strasbourg 1912) C'est ainsi que l'abbé Achatius de Grissen, autorisa Pierre Schultheiss de Cernay d'exploiter le minerai de fer dans les mines de BITSCHWILLER, appelé alors "Burtzwilre". Murbach possédait jusqu'au XVIIIè siècle SEPT mines très importantes à BITSCHWILLER, administrés par le bailli de Saint-Amarin. Elles furent à l'origine d'une fonderie et d'une forge appartenant à Joseph LAUENEN de Grandvillars en 1739 et de l'industrie mettalurgique après 1800. A Willer, Murbach fit construire une fonderie et un martinet qui existaient jusqu'au début du XIXè siècle. Dès 1508 on cherchait près de MOOSCH de l'or, de l'argent, du cuivre, du minerai de fer.

Les mines étaient riches, mais l'extraction du minerai était difficile parce que l'eau inondait souvent les galeries. Près d'Urbès où Murbach possédait un grand lac, des mines de cuivre furent exploitées au XVIIè siècle. On en cite six dont l'une fut sans doute la romantique "cuisine du diable" dans le Bruckenbachtal. Des mines de cuivre furent exploitées près de STORCKENSOHN et MOLLAU.

Mollau_AUTRE

LE BEAU PETIT VILLAGE DE MOLLAU qui a conservé son aspect d'autrefois encore de nos jours..

Le XIXème siècle fut le siècle de l'industriellisation de la vallée grâce au rayonnement de l'industrie textile de Mulhouse dans les vallées des Vosges méridionales. Dès le XVIIIè les frères KOECHLIN l'avaient introduite à Willer. L'industrie textile gagna toutes les communes jusqu'à Urbès. Husseren-Wesserling devint le grand centre industriel de toute la vallée et le nom de GROS-ROMAN conquit une réputation européenne. Par ses écoles de dessin, de calcul, de musique, de littérature, cette entreprise eut une forte influence culturelle, par ses caisses de maladie, de prêts, d'épargne, une importance sociale selon le bon principe paternalisme du XIXème siècle comme le firent de nombreuses entreprises en France. La voie ferrée Mulhouse-Thann fut prolongée pour des raisons industrielles jusqu'à Wesserling en 1863 et de là jusqu'à Kruth en 1905.

Urbès, où se trouvait un relai doit son origine et son développement au col de Bussang. En 1506, Murbach fit restaurer le chemin de la Steige qui d'Urbès, se dirigeait vers le fond du vallon d'où il gagna le col. Le chemin n'était pas sans danger : des individus dont il fallait se méfier se cachaient dans les ravins et les forêts. Les loups y étaient assez fréquents sans parler des intempéries et des dangers de la montagne. Jusqu'au début du XVIème siècle, une hôtelerie de Murbach se trouvait à Urbès où l'on percevait le péage de 1228 à 1550.

Au XIXè siècle on changea et améliora le tracé de la route vers le col. Un tunnel long de 300 mètres devait rendre le passage d'un versant à l'autre moins dangereux en hiver. Il a été supprimé au lendemain de la dernière guerre.

ENTREE_TUNNEL_GUERRE_WESSERLING

L'ancien tunnel long de 216 mètres large de 8 mètres haut de 6 m 50, terminé en 1849 dynamité en 1944 a été fermé et contourné par une route à ciel ouvert en 1953

sa vue aujourd'hui  TUNNEL_BUSSANG_ACTUEL_diminu_ photo P. Luttenbacher

Pour terminer faisant une incursion dans le fond de la vallée de Saint-Amarin où plutôt dans la Haute vallée de la Thur et dans ces villages où la plupart de nos aïeux ont vécu : l'église mère du val était l'église d'ODEREN consacrée à Saint-Nicolas patron de la Lorraine et protecteur des voyageurs. Elle fait son apparition dans les documents dès 1302. L'église actuelle date de 1711. Le clocher est l'oeuvre de l'architecte Gabriel Ritter de GUEBWILLER. Les églises de FELLERING, KRUTH et WILDENSTEIN ne furent construites qu'au XIXè siècle à l'époque où la verrerie de WILDENSTEIN fondée en 1699 par l'abbaye de Murbach connait son plus bel essor qui s'arrêtera cependant en 1884 mais qu'un fils de ce village (voir notre article à ce sujet) François Antoine Robischung (1847-1923) a évoqué dans ses souvenirs littéraires.

M.A.T.

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17 mars 2007

NOTRE LETTRE D'INFOS DE MARS/AVRIL 2007

Notre lettre d'INFORMATIONS trimestrielle sera très bientôt disponible...

Son sommaire :

Les 80 printemps de l'une de nos cousines ARNOLD de KRUTH - Identification de nos conscrits de 1926 et 1928 - Notre CARNET FAMILIAL du trimestre - INFOS DIVERSES du trimestre - et mini-cousinade de juillet 2007 à JUZIERS - une autre identification de photos d'école et de conscrits.. où se retrouvent nos Arnold et cousins collatéraux...voir ci-dessous :

Photos à identifier : photos_classe_ODEREN_1898___1900

ECOLE D'ODEREN classe 1898 - 1899 - 1900

et classe_1908_1928

CONSCRITS 1908-1928 FELLERING

Pour nos cousins ayant l'adsl,  la Lettre d'Infos sera publiée prochainement sur le blog interne  ainsi que pour nos cousins Américains et Anglais.

Sinon guettez votre boîte aux lettres...

Madeleine

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12 mars 2007

LES JUIFS DES VOSGES

Monsieur Jean Camille BLOCH, délégué pour les Vosges et l'Alsace de l'Association GenAmi dont je suis membre, publie en Avril prochain un livre sur les JUIFS des VOSGES 1940-1944, 1200 martyrs oubliés.

J'ai tenu à vous faire connaître cet ouvrage car je pense que beaucoup d'entre nous n'ont pas eu connaissance de l'existence d'un camp de concentration à VITTEL. Ce camp destiné dans un premier temps pour des prisonniers civils s'est transformé en camp de transit pour les Juifs acheminés vers les camps de la mort.

Cet ouvrage est l'aboutissement de cinq années de recherches auprès de la Préfecture des Vosges, des Archives d'Epinal et de nombreux témoignages. La population Vosgienne non juive a été très courageuse en aidant à passer en zone libre de nombreux Juifs persécutés par les Nazis et le régime de Vichy.

Vous pouvez avoir un aperçu de ce remarquable ouvrage en consultant le site de Monsieur BLOCH:

http://jeancamillebloch.googlepages.com/

J'espère que vous serez nombreux à découvrir cet ouvrage, et pour le commander adressez vous à:

jeancamillebloch@free.fr

Catherine TOMAT MURA

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08 mars 2007

Connaissez-vous MAUGUE ???

Connaissez-vous MAUGUE ?? Je pense que tous ceux qui se sont penchés sur l'Histoire de notre Alsace ont du un jour ou l'autre se référencer des écrits du célèbre naturaliste !! Ses écrits sont de véritables bijoux pour qui veux connaître les us et coutumes de nos ancêtres et sa description de l'HISTOIRE NATURELLE DE LA PROVINCE D'ALSACE écrite en 1726,  vaut à elle seule le détour.

MAUGUE serait né entre 1657 et 1666 - il prétendait qu'il avait été Médecin militaire pendant 25 ans et d'ailleurs, le 30 septembre 1725, l'intendant d'Alsace Monsieur de HARLAY, écrivait à Monsieur de BRETEUIL (BN Fonds français 2601, page 93bis) que "l'emploi d'inspecteur de la médecine, de la chirurgie, de la pharmacie et des sages-femmes en Alsace a été étably en 1699 par le ministre de la guerre en considération des longs et utiles services que le sieur MAUGUE a rendu dans les hôpitaux militaires"..

En 1732 et 1733 MAUGUE est encore en fonctions, car c'est, de cette époque, que datent ses observations relatives aux "rhumes épidémiques" transcrites à la page 174 de son "Histoire naturelle".  Il a écrit son ouvrage dans le premier tiers du 18è siècle "pendant les trois années de loisir que des étés modérés ont laissé la province jouir d'une bonne santé et les médecins de beaucoup de repos"

Il possédait des armoiries qui figurent dans son ex-libris dans les deux volumes du manuscrit et sur le frontispice du tome 1er de son ouvrage et qui sont :

"d'azur à un chevron abaissé d'argent et trois étoiles d'or en chef, soutenues d'une devise de même" (Armorial d'Alsace BN Manuscrits 32194 page 269)

blason_de_maugue

Dans son livre 1er Chapitre I - Topographie de l'ALSACE ou description de la province, il parle de nos montagnes mais aussi de la plaine :

" Depuis le pied des montagnes...jusqu'au Rhin, on voit une magnifique plaine couverte de toutes sortes de grains, de tabac, de safranau (sic) de pavots, de gros choux en pleine campagne, de raves, d'arbres fruitiers, de paturages et enfin si fertile en toutes choses que ses habitants pourroient se passer de leurs voisins, trouvant chés eux si abondamment tout ce qui est nécessaire à la vie, qu'on peut luy appliquer à juste titre ce que Fabronius dit du pays de Hesse :

"Inde potis varios divinitus edere fructus

Hessia deque suo fructu servare colonos

Sat contenta suis vitae quorum indiget usus"

"Non seulement l'Alsace a de quoy fournir abondamment tout ce qui est nécessaire à ceux qui l'habitent, elle a encore de quoy en répandre chés ses voisins et peut leur rendre le même service que la Sicile rendoit autrefois aux Romains. La Suisse en tire beaucoup de grains. Le Roy permet au canton de BASLE d'en sortir cent quatre vingts sacs par semaine, sans parler que les particuliers qui ont des terres en Alsace ont permission d'emporter leur récolte. La garnison de KEL (sic) quoyqu'allemande, peut aussy en tirer quatre cents quarante sacs par mois; ses vins, ses eaux de vie, son tabac, son safranau, ses graines d'oignon, le chanvre, les choux et les bois de charpente sont enlevés pour le Bas-Rhin et pour la Hollande, qui tire principalement beaucoup de bois pour la construction de ses vaisseaux".

" La grande étendue de paturages nourrit un si grand nombre de bestiaux qu'on y compte jusqu'à 100.000 bêtes à corne et 50.000 chevaux... "

"Le païs qui est entre le Rhin, la Hart et la rivière d'Ill jusqu'à Strasbourg est fort étroit et d'une fertilité médiocre par le peu de terre végétable qui couvre le gravier. On n'y voit que des prairies, encore sont-elles mauvaises, à cause des fréquens débordemens du Rhin, elle ne produit en grain tout au plus que des seigles. La partie contenüe entre la rivière d'Ill et la montagne, depuis la ville de Sulz (SOULTZ) de Haute Alsace jusqu'à deux lieües au dessus de Haguenau ou jusqu'à Brumpt est très abondante en toutes sortes de grains, vins et fourrages. Ce qui est entre la ville de SULZ jusqu'à BELFORT, en suivant la montagne sur la largeur de trois lieües, l'est beaucoup moins, ce pays étant rempli de bois, et le peu de terres labourables qui s'y trouvent étant .... sur le roc et difficiles à labourer, ce qui fait que les habitants s'appliquent plus particulièrement à la nourriture des bestiaux, le pays étant assés abondant en paturages. Le côté d'Alkirk, d'Elle, Morvillars, Basle et Mulhousen et intimement meilleur....

à suivre.....

magnifiques_costumes_alsaciennes_france_apprill

Les Alsaciennes (carte collection Ancarpost -cliquez sur la carte - France Apprill Serge Busiau repro interdite)

NDLR : nous avons respecté l'orthographe et l'écriture de MAUGUE

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