20 novembre 2007
NOS ARNOLD au CANADA 1924-1949
En janvier 1985, nous avions relaté dans notre bulletin BONJOUR LES COUSINS n°14, par un article de notre cousine Alice WEIBEL de Malmerspach, le chemin de notre cousin le Révérend père Albert du Saint-Coeur-de-Marie O.S.S.T., en voici quelques extraits qui retracent la vie de ce saint homme au Canada et celle de ses soeurs.
Le très révérend père : Pierre de la Nativité, élu Supérieur majeur en mai 1948, pour donner une plus grande extension à l'Ordre, songea à faire venir des Soeurs trinitaires au Canada. En février 1949, la chose se réalisera et quatre Soeurs de la Congrégation de Sainte-Marthe arrivèrent au Canada. Leur maison se situait : 200 rue Prince de Galles à Longueuil. Il est intéressant de noter que l'une, d'entre elles, était la soeur de notre révérend Père Albert du Saint-Coeur-de-Marie qui se trouvait être, à l'époque, curé de la paroisse Saint-Jean de Matha à MONTREAL et considéré à juste titre comme l'un des fondateurs de la province Canadienne des Trinitaires.
A l'occasion de leur arrivée au Canada un chant de bienvenue leur fut composé par un certain J.D. Poirier en date du 3 février de cette même année 1949 qui commençait ainsi :
Salut vaillantes Trinitaires,
filles de Saint-Jean de Matha,
Semez vos oeuvres salutaires
au sein de notre Canada
Mais qui étaient-ils par rapport à notre parentèle ARNOLD ?
Emma ARNOLD née le 30 janvier 1882 (9ème enfant du couple) fille de Joseph ARNOLD et de Marie BOBENRIETH de KRUTH elle devint en religion : Soeur Léopold - Emma perdit très tôt sa mère partie à l'âge de 32 ans , laissant la petite fille de trois ans à peine, aux bons soins de son père Joseph âgé lui de 50 ans. Ce fut cependant Marie, l'aînée des enfants du couple âgée de 16 ans qui su, par son courage et sa bonne volonté remplacer cette mère disparue. Le travail ne manquait pas à la maison mais malheureusement, trois des enfants disparurent à leur tour.
Elle suivra son frère et sa soeur au Canada comme Religieuse au même couvent Trinitaire pour soigner les malades. Elle s'était retirée, sur ses vieux jours, dans la maison mère de Sainte-Marthe à MARSEILLE où elle décèdera le 26 janvier 1981 âgé de presque 100 ans !
Un autre des enfants du couple, Louis-Wendelin ARNOLD, né le 5 août 1877 (7è enfant du couple ci-dessus) à Kruth, ayant atteint l'âge de 16 ans, suivi le Révérend Père Xavier de l'Immaculée-Conception O.S.S.T., futur fondateur de la Providence Trinitaire Canadienne qui, de passage à Kruth, remarqua la pièté du jeune homme et après une visite à la famille, et son accord, Louis-Wendelin quittera son village natal pour un premier grand voyage à ROME où il reçu les habits de l'Ordre le 31 octobre 1893 et prit le nom de Père Albert du Saint-Coeur-de-Marie.
Il sera ordonné Prêtre le 9 juin 1900. Sa première obédience avait conduit le jeune homme au Chili durant dix années. De là, il fut envoyé comme missionnaire au Benardir en Somalie Italienne (Afrique Orientale à l'époque). Au milieu de 1914, il quitte le continent noir pour retourner dans son pays où, la première grande guerre, l'oblige à porter secours aux combattants à titre d'aumonier militaire. La paix rétablie, il devint vice-provincial de la province Saint-Joseph d'Autriche en 1921. De là, il retournera à ROME, où les supérieurs l'invitent à aller prêter main forte à la nouvelle fondation au Canada. Il arrivera à Montréal le 24 décembre 1924 où sera témoin des belles fêtes de Noël et du nouvel an Canadien.
Couvent de Longueuil CANADA
De plus, il avait dirigé les destinées de son Ordre au Canada de 1925 à 1948 à titre de délégué général. C'est sous sa présidence que se fit l'ouverture de la maison de la rue Saint-Antoine (1936), l'achat du domaine de Saint-Bruno (1940) et l'acquisition de la maison de l'avenue des pins (1944) connue sous le nom de Couvent de la Très-sainte-Trinité.
C'est au début de 1954 que l'âge et la maladie l'obligent à quitter son poste de curé pour se retirer dans le couvent de la Trinité du Mont Saint-Bruno (Chambly - voir photo ci-dessous) lieu de son décès le 2 juin 1960. Son inhumation se fera au cimetière de la communauté de Saint-Bruno.
Pauline ARNOLD née le 30 janvier 1882 soeur des deux personnages ci-dessus, avait 9 ans au décès de sa mère. Elle prit le voile et devint Religieuse de la Divine Providence à Ribeauvillé sous le nom de Soeur-Marie-Calista.
Souvent, cette dernière revenait en vacances chez nous, rappelait Alice WEIBEL, où tous nous étions dans la joie de l'accueillir. C'était un grand évènement lorsque Soeur Léopold était de retour au pays dans son beau costume de flannelle blanche avec la croix bleue et rouge. Chacune d'entre nous voulait marcher à ses côtés. Sa gentillesse, son sourire, les nouvelles qu'elle nous donnait de ce pays lointain - le Canada - qu'elle traversait bien souvent et ses bons conseils, tout était pour nous un enchantement.
Puis, vint le moment, où la Supérieur de Sainte-Marthe ne voulut plus la laisser repartir : son grand âge ne lui permettait plus de voyager ! Pourtant, elle aurait tant aimé retourner près de son frère à Montréal. Elle décèdera le 3 novembre 1962.
Le père d'Emma, Louis-Wendelin et Pauline, avait deux parents tous les deux descendants ARNOLD : Wendelin ARNOLD x le 22 juillet 1830 à Anne Marie ARNOLD, lui descendait en droite ligne de Claude ARNOLD et Marie SIFFERLIN par leur fils aîné Jean Jacques MAIS aussi de Claude ARNOLD le fils benjamin de nos ancêtres, (branches ABA et ABF) tandis qu'Anne Marie descendait également en droite ligne de Jean Jacques (ABA) c'est dire le sang ARNOLD coulant dans leur veines.
Que la mémoire collective puisse conserver celle de ces trois ARNOLD parmi tant d'autres et qui ont consacré leur vie à faire le bien.
chemin de Chambly à Longueuil CANADA
Madeleine ARNOLD TETARD
(d'après les souvenirs d'Alice WEIBEL (+) de janvier 1985 "BLC" - collection ASS.I.F.ARNOLD tous droits réservés)
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18 novembre 2007
LES TRAITES DE WESPHALIE 1648
Nous savons ce que la guerre de TRENTE ANS a fait de mal et de misères, de maladies, sur l'ensemble de la population d'ALSACE ET LORRAINE, mais sait-on exactement comment elle prit fin et quelles furent les teneurs des traités signés à WESPHALIE ?
L'ALSACE composée de pièces et de morceaux ou l'empereur ne régnait pas sur elle en propriétaire absolu, ayant les mêmes droits toujours et partout, se trouvait au centre de discussions âpres et longues, subtiles et embrouillées, sans conclusion aucune sur certains points comme : que cédait exactement l'empereur ? Etaient-ce des droits de suzeraineté ou des territoires ? Que cédait-il comme chef de la maison d'Autriche ? et que cédait-il comme représentant de l'Empire ?
La confusion subsiste dans le texte des traités. Un acte diplomatique où parfois l'empereur donne quant l'Autrichien garde et vice-versa, un traité qui cède ici des droits, non des territoires, là des territoires, non des droits, cela non plus ne se conçoit point à notre époque.
Un certain article 87, et quelques autres, entremêlent à l'envi de donner et de retenir et cela, sans nul doute, à l'égale satisfaction des parties contractantes; batailles et traités étaient alors la raison d'être des princes, et une intention réciproque, mais inavouée, courait implicite entre les paragraphes : laisser la porte ouverte aux revendications, ne limiter définitivement ni la France pour l'Allemagne, ni l'Allemagne our la France.
La prise de possession de STRASBOURG en 1681, fut une conséquence logique du nouvel état des choses "depuis 1648" devait dire plus tard, en fêtant cette date, le maire Kratz "Strasbourg gravitait vers le centre qui a fini par l'absorber"..
Une des dernières pages du Traité de 1648 avec sceaux et signataires - fac-similé - (collection personnelle C.Mura-Tomat)
Pour éclaircir les obscurités dramatiques de 1648, le roi désigna, dans les cours judiciaires de quelques villes frontières, certaine de leurs Chambres dont la fonction fut de préciser les articles restés douteux dans les derniers traités et de leur faire produire leur plein effet, de rechercher méthodiquement et de réunir au royaume tout ce qui se rattachait, en vertu des anciens titres féodaux ou de traités plus récents, aux territoires de leurs ressorts. Le traité de NIMEGUE (1679) ayant confirmé les traités de WESPHALIE, le Conseil Souverain de BRISACH en fit une sorte de commentaire à fin d'unité : il proclama le principe de la souveraineté absolu du roi dans la basse comme dans la haute ALSACE et, par voie de conséquences, il "réunit" STRASBOURG que les troupes royales occupèrent les années suivantes (1681); la république de STRASBOURG, dans le flux et reflux des armées, hésitait toujours, ménageait tantôt l'une, tantôt l'autre, les incidents étaient fréquents et Louvois, profita de cette situation, pour réaliser en fait la réunion prononcée par l'arrêt du Conseil de BRISACH.
Le roi lui conserva d'ailleurs sa constitution ainsi que sa liberté religieuse, c'est-à-dire la liberté du culte protestant, quoique, cette fois, les catholiques surtout eussent appelé son intervention de leurs voeux : le 24 octobre 1681, quand Louis XIV se présenta en grande pompe à la porte de la cathédrale, l'évêque François-Egon de FURSTEMBERG, qui avait été l'auxilliaire dévoué de la politique royale, lui témoigna "une joie pareille, dit-il, à celle du bienheureux Siméon recevant l'Enfant Jésus au Temple de Jérusalem".
vue ancienne de la Cathédrale de STRASBOURG
Désormais,"la Gaule était fermée aux Germains" Clausa Germanis Gallia : en ces trois mots, exergue de la médaille qui fut frappée en l'honneur de la réunion, disent à eux seuls, toute l'importance que prenait STRASBOURG pour la France. En 1697, le traité de RYSWICK consacra la cession pleine et entière de la ville avec toutes ses dépendances situées sur la rive gauche du Rhin et, "pour cet effet, il a été trouvé bon de rayer la ville de STRASBOURG de la matricule de l'Empire".
Le festin du Traité de WESPHALIE 1648 (Gravure anonyme)
D'après Georges DELAHACHE Petite Histoire de l'Alsace-Lorraine Editions Alsace-Lorraine 1918 (imprimerie Jean Cussac Paris)
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