Nous savons ce que la guerre de TRENTE ANS a fait de mal et de misères, de maladies, sur l'ensemble de la population d'ALSACE ET LORRAINE, mais sait-on exactement comment elle prit fin et quelles furent les teneurs des traités signés à WESPHALIE ?

L'ALSACE composée de pièces et de morceaux ou l'empereur ne régnait pas sur elle en propriétaire absolu, ayant les mêmes droits toujours et partout, se trouvait au centre de discussions âpres et longues, subtiles et embrouillées, sans conclusion aucune sur certains points comme : que cédait exactement l'empereur ? Etaient-ce des droits de suzeraineté ou des territoires ? Que cédait-il comme chef de la maison d'Autriche ? et que cédait-il comme représentant de l'Empire ?

La confusion subsiste dans le texte des traités. Un acte diplomatique où parfois l'empereur donne quant l'Autrichien garde et vice-versa, un traité qui cède ici des droits, non des territoires, là des territoires, non des droits, cela non plus ne se conçoit point à notre époque.

Un certain article 87, et quelques autres, entremêlent à l'envi de donner et de retenir et cela, sans nul doute, à l'égale satisfaction des parties contractantes; batailles et traités étaient alors la raison d'être des princes, et une intention réciproque, mais inavouée, courait implicite entre les paragraphes : laisser la porte ouverte aux revendications, ne limiter définitivement ni la France pour l'Allemagne, ni l'Allemagne our la France.

La prise de possession de STRASBOURG en 1681, fut une conséquence logique du nouvel état des choses "depuis 1648" devait dire plus tard, en fêtant cette date, le maire Kratz "Strasbourg gravitait vers le centre qui a fini par l'absorber"..

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Une des dernières pages du Traité de 1648 avec sceaux et signataires - fac-similé - (collection personnelle C.Mura-Tomat)

Pour éclaircir les obscurités dramatiques de 1648, le roi désigna, dans les cours judiciaires de quelques villes frontières, certaine de leurs Chambres dont la fonction fut de préciser les articles restés douteux dans les derniers traités et de leur faire produire leur plein effet, de rechercher méthodiquement et de réunir au royaume tout ce qui se rattachait, en vertu des anciens titres féodaux ou de traités plus récents, aux territoires de leurs ressorts. Le traité de NIMEGUE (1679) ayant confirmé les traités de WESPHALIE, le Conseil Souverain de BRISACH en fit une sorte de commentaire à fin d'unité : il proclama le principe de la souveraineté absolu du roi dans la basse comme dans la haute ALSACE et, par voie de conséquences, il "réunit" STRASBOURG que les troupes royales occupèrent les années suivantes (1681); la république de STRASBOURG, dans le flux et reflux des armées, hésitait toujours, ménageait tantôt l'une, tantôt l'autre, les incidents étaient fréquents et Louvois, profita de cette situation, pour réaliser en fait la réunion prononcée par l'arrêt du Conseil de BRISACH.

Le roi lui conserva d'ailleurs sa constitution ainsi que sa liberté religieuse, c'est-à-dire la liberté du culte protestant, quoique, cette fois, les catholiques surtout eussent appelé son intervention de leurs voeux : le 24 octobre 1681, quand Louis XIV se présenta en grande pompe à la porte de la cathédrale, l'évêque François-Egon de FURSTEMBERG, qui avait été l'auxilliaire dévoué de la politique royale, lui témoigna "une joie pareille, dit-il, à celle du bienheureux Siméon recevant l'Enfant Jésus au Temple de Jérusalem".

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vue ancienne de la Cathédrale de STRASBOURG

Désormais,"la Gaule était fermée aux Germains" Clausa Germanis Gallia : en ces trois mots, exergue de la médaille qui fut frappée en l'honneur de la réunion, disent à eux seuls, toute l'importance que prenait STRASBOURG pour la France. En 1697, le traité de RYSWICK consacra la cession pleine et entière de la ville avec toutes ses dépendances situées sur la rive gauche du Rhin et, "pour cet effet, il a été trouvé bon de rayer la ville de STRASBOURG de la matricule de l'Empire".

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Le festin du Traité de WESPHALIE 1648 (Gravure anonyme)

D'après Georges DELAHACHE Petite Histoire de l'Alsace-Lorraine Editions Alsace-Lorraine 1918 (imprimerie Jean Cussac Paris)

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