ASSIFARNOLD

Blog d'informations de notre association familiale

25 août 2007

Les Ruines du SCHLOSSBERG

Enfouies sous la verdure surplombant le barrage de KRUTH WILDENSTEIN,  il faut y regarder de près pour distinguer ce que fut cette majestueuse forteresse qui dressait fièrement ses tours de guet au dessus de la haute-vallée de la Thur. Une très solide construction datant sans doute des 14è et 15è siècles. Des analyses auraient même prouvé l'emploi de lait dans la préparation du mortier (L'Alsace 29.8.1979).

restes_WILDENSTEIN

Restes de quelques objets retrouvés dans l'enceintre du château Musée SERRET St-Amarin

(photo Archives ASS.I.F.ARNOLD M.A.T.)

cliquez sur la photo pour entrer dans le site du château de Wildenstein

Il fut également prétendu que les constructeurs de la Collégiale de Thann utilisèrent du vin du Rangen dans ce même but ! légende ou vérité ?

Précédant la guerre de trente ans, nous ne connaissons pas grand chose de l'occupation de la forteresse, mais son existence fut à l'origine de nombreux malheurs qui s'abattirent sur la population de la vallée, surtout pendant la seconde partie de la guerre de trente ans contre les Suédois.

La forteresse sera propriété depuis 1536 des Maisons de FERRETTE et d'AUTRICHE, ensuite d'un WALDNER de FREUNDSTEIN et de Jean de BOLLWILLER. L'abbaye de MURBACH fit occuper le château en 1632 par une garnison de plus de 100 hommes d'armes principalement originaires de GUEBWILLER.

En 1633, les Suèdois arrêtés par les Impériaux à FELLERING après avoir dévasté SAINT-AMARIN, s'estimant incapables de tenir le château-fort, l'abbaye en confia la défense aux Lorrains alliés de l'Empereur germanique qui y placèrent 600 hommes sous le commandement du Colonel CHARROY. Puis par crainte des Suèdois, les défenses en furent promises aux Français alliés de ces mêmes Suèdois. Après un siège de 3 mois, les Lorrains assaillis par les troupes du colonel de la BLOQUERIE rendirent la forteresse avec les honneurs de la guerre le 9 août 1634.

Les villages de la vallée pendant toutes ces tractations ne connurent pas pour autant la tranquilité. Ils étaient dévastés à leur tour par les Lorrains et même les Espagnols. Le colonel de la BLOQUERIE, nouveau Gouverneur, pressura la malheureuse population de tous côtés. Son chef, le Maréchal CAUMONT de la FORCE ne s'occupait guère d'empêcher ses alliés Suèdois de poursuivre rapines et autres exactions de toute sorte.

AU_SCHLOSSBERG_1982

Visite du SCHLOSSBERG en 1981 de la première équipe de travail ASS.I.F.ARNOLD on aperçoit à gauche l'entrée du château

photo M.A.T.1981

L'année 1634 fut d'ailleurs la pire que connurent nos ancêtres. Toutes interventions du seigneur abbé de MURBACH, à l'époque TSCHUDI de GLARUS furent vaines. Relevé de son poste, en novembre 1634,  LA BLOQUERIE ne quitta les lieux qu'avoir pillé et dévasté la vallée.

A la demande de l'abbaye, les Lorrains s'emparèrent donc du château par surprise en mars 1635. Un détachement provenant de Thann se rendit à la BRESSE par le col de Bussang et traversa le massif du Ventron en débouchant par le col du Bockloch. Les Lorrains fondirent sur le château qu'ils prirent d'assaut en bénéficiant de la complicité d'un serviteur de l'abbaye qui connaissait très bien les accès. Selon la légende, le commandant de la garnison française aurait été précipité du haut de la paroi rocheuse dans le vide.

Les Lorrains furent alors les maîtres du château pendant près de dix ans ne se comportant pas mieux avec la population que leurs prédécesseurs. En 1637 cependant un assaut sera livré par les Impériaux de Bernard de Saxe-Weimar mais échoua.

En 1644 sonnera l'heure de la destruction du SCHLOSSBERG. Grâce à l'appui des Français, les Suèdois s'étant rendus maîtres de la Haute-Alsace, ils purent s'emparer du château de Kruth-Wildenstein. Ils acheminèrent des canons de nuit sur les hauteurs avoisinantes dont les roues furent entourées de chiffon pour ne faire aucun bruit et sur un chemin recouvert de paille et l'effet de surprise fut total. Une autre légende rapporte que le premier boulet arracha une cuillère des mains du commandant Lorrain !

Le 7 avril de cette même année, la garnison abandonna le château dont une grande partie fut détruite par une explosion. La date exacte de la destruction complète n'est pas connue, nous savons qu'en 1693 les rares habitants ayant survécu de la famine et au massacre allaient chercher des pierres pour reconstruire l'église d'ODEREN qui avait été détruite en 1673 par les Lorrains.

Aujourd'hui des bénévoles oeuvrent pour redonner à ces ruines un visage plus accueillant et plusieurs murs ont déjà été remontés grâce à leur travail de chaque instant.

M.A.T. (sources : Article du 29.8.1979 Journal l'Alsace et archives ASS.I.F.ARNOLD)

Pour se rendre au Château :

Château de Wildenstein
68820 Kruth

OFFICE DE TOURISME
81, rue Charles de Gaulle - B P 2, 68550 SAINT-AMARIN
tél. 03.89.82.13.90 Fax : 03.89.82.76.44

Email :
contact@ot-saint-amarin.com

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19 août 2007

LA BATAILLE DE TURCKHEIM 5 Janvier 1675

D'après A.BILLICH 1958 - Imprimerie des Vosges à Munster - Papeteries SCHWINDENHAMMER extraits

D'après WIKIPEDIA :

La bataille de Turckheim oppose le 5 janvier 1675 Frédéric Guillaume, électeur de Brandebourg commandant une armée austro-brandebourgeoise, au maréchal de Turenne, commandant une armée française.

La stratégie adoptée par Turenne fut de prendre l'ennemi par surprise, en l'attaquant depuis le massif des Vosges. Après avoir pris des informations du côté vosgien, plusieurs semaines avant, sur la situation de l'ennemi, Turenne fit passer son armée par la montagne. Il déboucha sur Turckheim par la montagne.

Turenne réussit son plus beau succès. Il inflige une défaite cuisante et le combat est relativement peu meurtrier (300 Brandebourgeois tués).

L'ANALYSE DE LA MARCHE DE TURENNE :

Bien des auteurs se sont penchés sur la rencontre du 5 janvier 1675. Elle couronne "la plus belle des campagnes de Turenne et sous un volume restreint elle entraîne les conséquences que l'on sait. Si les auteurs français la qualifient de "bataille", les Allemands, plus restrictifs, ne la gratifient que de "Treffen". En vérité, ce terme ne peut suffire. Un "combat" garde quelque chose d'imprévu, et ses conséquences ne sont que relatives. Or, le fait militaire qui nous intéresse ici, est tout autre chose. Turenne a choisi l'endroit du combat et il a tracé les limites : "Dessinée" le matin, la bataille se déroule l'après-midi, selon les normes prévues. Notons que les Alliés se battirent vaillamment, que le combat fut chaud, et que le résultat ne fut acquis qu' à la tombée de la nuit.

Rien de plus curieux que les témoignages :

WERTMÜLLER "j'ai participé à mainte chaude affaire, mais d'une pareille, je n'ai pas souvenir"

SIGISMUND VON BUCH "...On ne pouvait compter jusqu'à trois sans entendre une décharge de mousquets"

CHEVALIER DE GOESS " Le combat atteignit une intensité qu'n ne rencontre pas toujours lors d'une vraie bataille"

VECCHIA " .....vers 3 heures, le combat débuta avec une intensité telle...qu'il n'est pas possible de le relater"

CEZEN " .. il fallut parfois céder au plus grand feu"

Ce feu fut entretenu par deux à trois mille hommes et quelques bouches à feu (ces canons se trouvaient sur une hauteur - il ne peut s'agir que du "Wahl" - 3 canons de Munster et 3 canons impériaux). Le gros des deux armées ne participa pas aux opérations. Les troupes de Turenne avaient passé la nuit du 4 au 5 janvier dans les vignes entre Rouffach et Pfaffenheim. Dès la levée du jour, l'armée se mit en marche, protégée par un épais brouillard. Vers midi, elle avait atteint la hauteur de Wettolsheim. Le brouillard s'était levé et les Colmariens ainsi que les Alliés pouvaient voir le gros de l'armée placé sous les ordre de de LORGE s'ouvrir devant Wettolsheim et Wintzenheim (Actes capitulaires du Chapitre de Saint-Martin)

Quant à Turenne, il avait commencé sa fameuse marche d'approche qui devait, par des chemins dérobés, le conduire à TURCKHEIM..

Cette marche a suscité bien des controverses. Jusque vers 1850 on admettait le "passage" par la montagne. Cette opinion reposait essentiellement sur deux textes français.

BATAILLE_DE_TURCKHEIM

La marche de TURENNE et de ses troupes hiver 1675 en ALSACE

DESCHAMPS : " ... personne ne pouvait comprendre la raison de cette marche dans un terrain plein de vignes, embarassé de haies et de chemins creux, où jamais on n'aurait cru que des troupes eussent pu marcher en corps... On marcha de cette manière jusqu'à un village, où il fallut prendre encore plus à gauche, pour entrer dans une ouverture de la montagne où est la petite ville de Turqueim (sic).

LA FARE " Je vous demande pardon, Monseigneur, si j'ose vous dire que nous sommes tous inquiets de la marche que vous nous faites suivre et de voir que nous allons du nez dans cette montagne et que nous sommes tous les uns sur les autres dans cette vallée".

A la fin du 18ème siècle, BEAURAIN publia une carte sur laquelle TURENNE franchissait même le Hohlandsberg !

En 1854, NIEGER releva l'inanité de cette thèse et les erreurs topographiques commises par l'ingénieur-géographe. Il admettait par contre le passage entre le Rothenberg (coteau couvert de vignobles) et le massif boisé du Hohlandsberg. ROCHOLL a longuement anlysé cette marche (il ne connaissait pas le travail de NIEGER) Il arrive à des conclusions identiques. Mais en 1894, BRAUBACH attaqua délibérément cette opinion. Pour lui, le Vicomte avait pris le chemin direct Wettolsheim-Wintzenheim.

- Turenne stratège de valeur ne voulait par perdre de temps.

- Les chemins cités par DESCHAMPS ne sont pas praticables à l'artillerie

- Les dits chemins auraient entraîné un étirement des troupes fatal à leur force offensive

- Enfin le passage relevé plus haut "nous avançâmes....en corps", paraît lui prouver suffisamment que l'armée marchait groupée et que cela ne pouvait se faire sur des chemins de montagne.

Porte_de_TURCKHEIM

Porte de la ville de TURCKHEIM (collection Ancarpost-France Apprill)

Il faut attacher une grande importance au texte du curé REYER "il arriva que le Maréchal (Turenne) comme par enchantement ou sorcellerie, malgré la neige et le gel, à travers ravins et broussailles, apparut brusquement au pont supérieur". Il faut donc en conclure que Turenne a vraiment franchi les coteaux (ravins et broussailles) et que cette marche est apparue aux contemporains comme quasi impossible sinon fantastique ! (témoignage identique chez RAGUENET).

Quant à la seconde partie du trajet, le parcours Wintzenheim-Turckheim, les avis sont également partagés, NIEGER, ROCHOLL et BRAUBACH emmenaient Turenne jusqu'à la hauteur de l'actuel ST GILLES: de là il se dirigeait vers Zimmerbach, franchissait la Fecht au lieu dit Elftagen et revenait à Turckheim par la rive gauche de la rivière. Pour KORTZFLEISCH, Turenne s'est bien rendu au premier point cité, mais de là, par le chemin direct St-Gilles-Turckheim, il a rejoint la ville, franchissant la Fecht au pont supérieur. Opinion qui semble répondre à la réalité. Du moins est-elle confirmée par REYER "Turenne apparut au pont supérieur". Si aujourd'hui ce pont est touché par la route qui vient de Zimmerbach (état de 1958), il n'en était pas de même à l'époque qui nous intéresse et le texte de REYER n'en que plus de valeur.

LA BATAILLE :

Pour ce qui est de la bataille, tous les auteurs, à part NIEGER, admettent avec plus ou moins de force le mouvement de Turenne, obligeant finalement l'aile droite alliée à faire demi-tour et à regarder le Nord. Dans son travail manuscrit il tire une sorte de gloire à avoir preuves à l'appui, réfuté la thèse communément admise : Tous les auteurs consultés placent la Fecht entre les combattants. Cette erreur que l'auteur (A.BILLICH) a eu peine à combattre avant d'avoir vu au dépôt de la guerre les documents authentiques lui a fait faire de nombreuses recherches sur les lieux-mêmes. CEZEN dans son rapport, ne dit pas un mot de la Fecht et pourtant il place les combattants sur les deux rives du canal - l'infanterie du roi était dans les vignes et celle de l'ennemi de l'autre côté d'une rivière qui ne fait que quatre pas de large - Enfin, les inhumations et les projectiles qu'on a trouvés en grand nombre sur les deux rives du canal sont une indication suffisante.

Ce raisonnement avait en partie influencé KORTZFLEISCH. Celui-ci avait d'autre part utilisé hâtivement le rapport de WERTMÜLLER notamment en ce qui concerne le cours d'eau (il appelait le canal "ramos" et la Fecht "Fiumaretta" et a confondu les deux. Quelque peu troublé par une apparente obscurité de CEZEN et par les affirmations de NIEGER, il a écrit : "les documents dont nous disposons cadrent aussi bien pour une attaque française se produisant au Nord que pour une attaque venant du Sud". Ce jugement paraît erroné. L'attaque française essentielle a eu lieu des coteaux du Brand vers la Fecht : WERTMÜLLER, après le combat pour le cimetière St-Symphorien dit explicitement : " Les Français s'avançaient de l'autre côté de la rivière Fiumaretta". 

S. VON BUCH grimpé au sommet de Letzenberg " .. Je vis les Français s'avancer à travers les vignes, renouvelant sans cesse leurs bataillons et plus à ma gauche deux unités de cavalerie". Or, nous savons par le rapport de CEZEN que la cavalerie avait pris place "sur l'avenue qui mène à la ville" donc au Sud. Les troupes Françaises se trouvaient donc à la droite de BUCH et de toute façon au nord de la Fecht !

"seule la rivière nous séparait"

"les Français pouvaient tout voir et tout entendre"...

VECCHIA dit encore "l'ennemi combattait avec toute son infanterie face à la rivière qui empêcha la rencontre"..

DE GOESS "..... là dessus les bataillons français ont avancé vers la rivière, que les nôtres, placés de l'autre côté ont défendue".

Enfin DESCURES : " Le bataillon de Navarre entra dans la rivière qu'une partie passa, mais Monsieur de Turenne lui envoya ordre de la repasser parce qu'étant nuit il ne savait pas ce que l'ennemi pouvait faire et les forces qu'il avait derrière le canal".

A la tombée de la nuit, il faut donc en conclure que les troupes avaient pris position sur les deux rives de la Fecht et que c'est là le point important pour toutes autres actions - canal et cimetière - étaient depuis longtemps terminées. L'opération "cimetière" se termina vers 15 H 30 opération accompagnée de combats sur le canal. L'opération "Fecht" qui finit par fixer les antagonistes sur le cours d'eau, se dessina alors que la première se terminait !

Pour le détail, les étapes du combat sont les suivantes :

- Vers 14 heures, Turenne prend la ville gardée par une enseigne du régiment autrichien de KAYSERSTEIN et 30 hommes - Aussitôt les troupes de la brigades de Champagne prennent position au Nord-Est et au Sud-Est de l'agglomération. Ces opérations se font en partie à l'insu des Alliés. Leur aile droite s'appuyait sur le col entre le Brand et le Letzenberg, enjambait la Fecht, suivait le canal, pour le quitter à l'approche de Colmar et s'arrêtait au Rappentanz (actuel cimetière de Colmar).

- Turenne sans opposition peut s'emparer du cimetière St-Symphorien sur la route de Colmar, ainsi que de deux moulins qui lui font face. BOURNONVILLE fait alors avancer la cavalerie de l'aile droite. Une partie reste sur la rive gauche, face au Brand, l'autre franchit la rivière, s'empare du moulin inférieur (en 1958 Papeterie SCHWINDENHAMMER) mais échoue devant le cimetière. C'est alors que le Generalwachtmeister SCHULZ offre ses services. Le Grand Electeur met à sa disposition un régiment de dragons poméraniens amené entre-temps de l'aile gauche, le régiment Von DERFFLINGER, renforcé par deux compagnies du Duc de CELLE.

- Nouvelle attaque du cimetière qui réussit et nouvelle offensive française pour le reprendre. Les Alliés se retirent, retraversent le canal, incendient le moulin du bas et viennent renforcer les premiers éléments d'infanterie alliés, qui entre-temps se sont avancés entre le canal et la Fecht :

à savoir :

- BECK avec un bataillon du régiment de KAISERSTEIN suivi de WEDEL, avec un régiment de MUNSTER

Par la suite deux nouvelles unités s'ajoutent : STREIN et SERENI, qui agit en sergent de bataille.

Du côté français la Marine supporte d'abord seule le choc. Par la suite sont engagés : La COURONNE, BANDEVILLE, ANJOU, La REYNE et NAVARRE; en fin de combat, les vaisseaux ORLEANS, ROYAL et les Anglais (à l'époque 4 unités étaient placées sous les ordre de Turenne : Churchill - Roscommons - Monmouth - Hamilton). Au cours du combat les Alliés sont renforcés par deux régiments envoyés par le Duc de CELLE : MOLLESON et le régiment à pied du Duc Jean-Adolphe de HOLLSTEIN.

Les Français d'abord exposés sur les hauteurs qu'ils occupent, descendent, traversent le chemin de Katzental et s'approchent de la Fecht. A ce moment, une unité de cavalerie sous FLORENSAC, vient se placer derrière le dispositif français et à sa gauche.

La nuit approchant le combat a atteint son paroxysme. Deux bataillons des gardes rassemblés sur l'actuelle place de la République, franchissent la Fecht et s'avancent entre la Fecht et le canal "à gauche de son cours". NAVARRE de son côté franchit la rivière, le combat s'arrête.

Turenne qui depuis la mort de FOUCAULT, commandait personnellement derrière l'aile gauche, donne l'ordre d'allumer de grands feux sur les hauteurs menant vers le Nord, notamment le Letzenberg. Les Alliés croyant que l'ennemi est en marche, donnent aussitôt l'ordre de la retraite. Le plan en est établi par FREDERIC-GUILLAUME et BOURNONVILLE.

ROCHOLL est d'avis que le combat de TURCKHEIM a empêché Turenne de réaliser le dessein qu'il avait de prendre les Alliés à revers, à la hauteur de KAYSESBERG. A l'appui de son opinion, il cite le Grand Electeur qui, arrivé à la hauteur du Letzenberg, vit les Français s'avançant vers le col (entre le Letzenberg et le Brand) dans l'intention d'atteindre KAYSESBERG et il ajoute : "Ceci permet de comprendre pourquoi Turenne ne profita pas du laps de temps dont il disposait de 1 à 3 heures, pour se jeter sur la fragile aîle droite alliée."

Remarquons que Turenne n'arrive à TURCKHEIM que vers deux heures !

- que FREDERIC-GUILLAUME sur le lieu des opérations que vers 14 H 30 alors que les éléments français s'infiltrent dans les vignes du Brand.

- que VECCHIA juge ces mouvements d'une façon différente "Les Français voulaient prendre nos dragons à revers".

- que le combat du Cimetière à part, les deux partis ne se fixent que lentement, les bataillons français n'arrivant que peu à peu et ne pénétrant que lentement sur le champ de bataille, les alliés, vu leur disposition, ne manoeuvrant eux aussi que difficilement.

- enfin que Turenne qui a "choisi" l'endroit de la rencontre est en quelque sorte pris à son propre jeu. Deux ou trois heures auparavant il en avait, dans sa réponse à la FARE, tracé les grandes lignes : " ... j'ai compris que l'armée qui a le ruisseau de Turqueim (sic) devant elle et Colmar à sa gauche où sont les vivres et les munitions, ne se déposterait du bon poste où elle est, pour tomber sur moi et ne passerait point le ruisseau, que d'autre part elle n'abandonnerait pas Colmar où sont les magasins,de peur que je me jetasse de ce côté là et ne m'en saisisse que pourtant elle n'était pas assez grande pour tenir Turqueim autrement que par un détachement et qu'ainsi me saisissant de ce poste comme je vais tâcher de le faire tout à l'heure, je me donnerai un passage dans leur flanc, qui les obligera à retourner leur armée, et à me combattre en terrain égal aux uns et aux autres".

TURENNE

TURENNE

Ce plan se réalisera à la lettre et le soir du 5 janvier, le Duc de Lorraine qui de dépit s'était retiré avant la bataille à son quartier général de Saint-Hippolyte, pourrait dire : " Cinq princes par la grâce de Dieu ont fui devant un seul prince par la grâce du Roi de France".

600 morts environ couvraient le champ de bataille. Les archives du Ministère de la Guerre conservent un décompte des pertes subies par les troupes françaises, état publié par KORTZFLEISCH.

Dans les morts : 12 Capitaines et Lieutenants, 23 Sergents et 335 soldats, 1 Officier Anglais et 10 soldats.

Dans les blessés : 99 Capitaines et Lieutenants, 49 Sergents et 388 soldats dont 18 Anglais.

Deux morts de marques : FOUCAULT Lieutenant-général et MOUCHY Brigadier.

Du côté Allemand peu de chiffres : le rapport anonyme des archives de Vienne donne 200 morts et blessés. Il faut y ajouter ceux des autres alliés.

On admet que les pertes Françaises furent supérieures aux pertes Alliées. Les unités Françaises étant au début du combat très exposées sur les flancs du Brand, les plus soumises au feu de l'artillerie.

FOUCAULT fut inhumé chez les Dominicains de Colmar - 2 Officiers chez les Augustins et 4 au Mont des Oliviers.

A TURCKHEIM une seule indication, en 1725, Pierre SCHERER qui habitait la Maladrerie à côté du cimetière, toucha 25 Florins pour avoir déterré les "corps morts des Brandebourgeois". La somme, importante, permet de penser que le travail le fut également. NIEGER avait fait état de nombreuses sépultures trouvées le long du canal. Une lettre datée de 1849, adressée par le greffier GRAD au conservateur HUGO, parle également de tombes trouvées le long de la route de Colmar et "que les habitants font remonter au temps des guerres de TURENNE". Or un dessin assez précis permet d'identifier celle dont parle GRAD : elle est mérovingienne !!

Quant à la bataille on ne peut que citer la conclusion de KORTZFLEISCH :

" Il est vrai que l'on ne rencontre une conduite intelligente des opérations s'ordonnant par rapport au but fixé que chez les Français. Par contre, nous voyons les Alliés, perdant la tête et amoindris par des dissensions internes, incapables de coordonner leurs mouvements (incapables d'engager aux points nevralgiques et au moment requis, leurs forces relativement importantes).

TURENNE avait livré à TURCKHEIM son dernier combat. Celui qui plus que les autres porte son empreinte personnelle. Quelque mois après, le 27 juillet 1676, un boulet mettait fin à sa carrière !

Quant au combat, s'il ne fut pas une "bataille" au sens qu'on donne en général à ce mot, ses conséquences dépassèrent par contre largement les quelques arpents de terre sur lesquels il se déroula. ROCHOLL en reconnaissait bien l'importance quand en 1874, il écrivait :

"La première tentative de reconquérir l'Alsace échoua, la dernière à réussi".

Extraits du récit de A. BILLICH Société Wickram Turckheim 1958 collection ASS.I.F.ARNOLD don de L.LAPOINTE

M.A.T.

Cet article est publié, avec fond musical,  actuellement sur le site : http://auplaisirduveilleur.club.fr/index.html  (cliquer sur "NOTRE HISTOIRE") avec ma permission et je remercie le Webmaster de ce site,  de son intérêt pour notre blog.

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16 août 2007

NOTRE FAMILLE A L'HONNEUR ...

Le dernier numéro de LA VIE (n°3233 semaine du 16 août 2007) contient un article dans la rubrique FAMILLES sur les COUSINS, COUSINES et COUSINADES. Contactés en juillet dernier par Géraldine BORDERE, journaliste auteur de l'article, nous avons donc l'honneur d'être cités dans les lignes de ce dernier et voici le texte de cet extrait - à signaler une petite erreur d'interprêtation : les deux frères dont elle parle sont en fait des cousins germains que j'avais fait se retrouver non pas lors de notre dernière cousinade mais en 1990. Mise à part ce petit écart de vérité, le reste met bien en exergue notre famille et la place que prend dans ma vie l'organisation de ces réunions familiales.

...... "Autre ambiance chez les Arnold deux semaines plus tard. Ici, la cousinade a été hissée au rang de tradition familiale. Tous les trois ans depuis 30 ans, une partie des membres de cette famille solidement implantée en Alsace (ils sont plus de 2000 en tout) se retrouvent dans le berceau familial à KRUTH, pour évoquer la mémoire de l'ancêtre commun : Claude ARNOLD né en 1623, Marguillier (administrateur et trésorier d'une paroisse) de l'abbaye de Munster. Mais aussi et surtout pour partager kugelhof et verres de gewurztraminer. Madeleine Arnold-Tétard, présidente de l'ASS.I.F.ARNOLD prend son rôle d'organisatrice très à coeur. Aucune place n'est laissée à l'improvisation. Les invités sont badgés pour être plus vite identifiés, l'arbre généalogique d'une dizaine de mètres de long est fièrement exhibé et les panneaux d'affichage récapitulant l'histoire de l'ancêtre trônent en bonne place au milieu des classeurs et autres DVD des précédents rassemblements familiaux.

........" Devenue une véritable petite entreprise familiale, l'association a donné naissance à un bulletin trimestriel BONJOUR LES COUSINS, édité à 150 exemplaires, et à même sa propre chanson et son blason. Dans le monde de la généalogie, la notoriété de Madeleine n'est plus à faire et lui vaut des centaines de mails quotidiens. "J'ai toujours été passionnée de généalogie, j'avais déjà accumulé beaucoup d'informations sur ma famille avant de commencer à organiser ces réunions. Le déclencheur a été la mort de mon père en 1977. J'ai eu envie de concrétiser ces recherches". Des heures de travail et parfois un miracle : lors du dernier rassemblement, Madeleine a réuni, après 30 ans de séparation, deux demi-frères dont l'un était parti en Algérie. 

"C'était très émouvant", se souvient-elle. Ces petits moments de bonheur sont une récompense pour toutes ces heures de recherche"................

Bien d'autres exemples sont mis en avant dans cet article (page 27 à 29 de la revue) et si certaines COUSINADES prennent des ampleurs phénoménales comme par exemple celle organisée par Christian FERRU en 2001 avec plus de 2600 participants, d'autres ne réunissent que les cousins germains issus d'arrières grands parents communs mais tous ont à coeur le retour vers "cette valeur refuge qu'est la famille" ajoute Géraldine BORDERE et cela résume tout à fait la motivation qui est celle des organisateurs de cousinade.

M.A.T.

Rassemblement_mai_2005_071

Une vue de notre exposition lors de notre dernière cousinade de 2005 à KRUTH sous le préau de l'école

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