Notre ancêtre Claude ARNOLD fut Marguillier pour l'abbaye de Munster du petit hameau d'Ampfersbach (1651 à 1657) et pour la chapelle dite du SCHWEINSBACH où il accueille les pélerins, sonne les offices et rédige le registre de la Fabrique de cette petite paroisse dépendant de la grande abbaye.

jpgSCHWEINSBACH

Le Marguillier de la Chapelle de SCHWEINSBACH près MUNSTER

Mais savons-nous exactement quel est le rôle du MARGUILLIER ? (prononcé Mar-ghi-lié)

Autant de questions qui peuvent se poser, lorsqu'au détour d'un registre paroissial, nous trouvons la mention de ce "poste" sans trop savoir exactement à quoi il correspond et surtout  à quel personnage du Clergé il se rapporte ?

Ce nom est donné à chaque membre du Conseil de Fabrique (Administration de la Paroisse). Le Marguillier est choisi parmi les Fabriciens pour composer un bureau sous le titre de Président-Secrétaire et Trésorier.

Les Marguilliers sont chargés de dresser le budget d'une Fabrique, de préparer les affaires qui doivent être portées en conseil, d'exécuter ses délibérations et de diriger l'administration journalière du temporel de la paroisse.

Anciennement, ils étaient surtout les Trésoriers Receveurs et Payeurs des revenus des Fabriques et des Confréries.

Ils apparaissent en même temps que s'installent les tenues des REGISTRES PAROISSIAUX et que les comptes commencent à devenir sérieux au sein du très puissant Clergé sous l'Ancien Régime. Tout au moins pouvons-nous les répertorier dès cette époque.

Ils sont choisis parmi les notables et bourgeois, doivent savoir lire et écrire et sans nul doute compter. Mais leur rôle ne s'arrête pas seulement aux devoirs administratifs, les Marguilliers devaient aussi, souvent dans les petites paroisses, chapellenie (comme notre Claude ARNOLD), sonner les offices, accueillir les pélerins, s'occuper des inhumations, bref, un homme à tout faire ou presque au sein de l'Eglise, un laïc avec une vie de famille et profession annexe.

Nous le constatons un homme fort occupé et ayant des responsabilités très importantes et multiples. Tellement importantes que ce poste privilégié du Marguillier est tout en puissance jusqu'à la fin du 16ème siècle et que le roi s'en inquiète quelque peu...

Effectivement,  Louis XIV, devant certaines plaintes qui vont en s'accentuant, décide sur le conseil éclairé de ses Ministres et surtout pour plaire au Clergé, de créer des Offices de Trésoriers-Receveurs-Payeurs des revenus des Fabriques et Confrèries de chacune des paroisses de la ville de Paris et autre villes du royaume par son Edit de février 1704.

Ces Offices seront héréditaires et ne seront plus tenus par un seul mais par trois Membres. l'Edit stipulait en substance "qu'ils seront Marguilliers perpétuels et auront rang immédiatement après les Marguilliers Honoraires dans les paroisses où il y en aura, et au premier rang dans les paroisses sans Marguilliers Honoraires. Ils jouiront des mêmes honneurs, droits, privilèges et fonctions dont jouissent les autres Marguilliers".

Nouveauté encore, ces Marguilliers ne pourront prendre aucune taxation sur les revenus de la Fabrique, ce dont ils ne se privaient vraissemblablement pas auparavant !! Ils auront alors également la charge des Archives de la Fabrique et des Confréries (comme par exemple les Confréries de la Charité) et devront en remettre régulièrement les titres par de brefs inventaires et les déposer dans un coffre dont le curé détiendrait la clef.

Dans les Archives communales, série Ancien Régime (antérieur à 1792) se trouvent en série P, nombreux documents qui nous renseignent sur cette fonction quelque peu privilégiée.

La fonction de Marguillier prendra un coup d'arrêt momentané à la Révolution mais ce dernier, s'il n'existe plus dans sa forme ancestrale et si son titre a quelque peu changé, est toujours présent au sein des paroisses où il s'occupe de la partie comptable de la Fabrique.

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L'ancienne chapelle de SCHWEINSBACH telle que l'a connu Claude ARNOLD avec en dessous la maison du fermier

M.A.T.

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