ASSIFARNOLD

Blog d'informations de notre association familiale

29 octobre 2006

MUNSTER ET NOTRE ANCETRE

BAIL Passé par Claude ARNOLD avec l’ABBAYE DE MUNSTER en 1648

pour la Ferme de FESSENECK

Dans le n° 3 de novembre 1981 de notre bulletin familial BONJOUR LES COUSINS (1), il nous avait été possible, de donner la traduction d’un bail passé entre l’Abbaye de MUNSTER et Claude ARNOLD concernant la cense de SCHWEINSBACH en 1651.  Nous pensions alors que c’était le premier bail que Claude avait souscrit avec l’Abbaye qui l’employait, or, il n’en était rien, grâce à la ténacité de notre ami André GANTER et à celle de M. SCHNUBEL,  furent  retrouvés  bien d’autres documents concernant la vie de notre ancêtre sur les terres de MUNSTER et en particulier un  bail de 1648 concernant la Ferme du FESSENECK.

Nous apprenons donc par ce dernier que notre ancêtre prit à ferme la métairie de FESSENECK et devait y faire son premier séjour jusqu’en 1651,  date à laquelle il serait « muté » à SCHWEINSBACH… Deux lieux que nous avons visités,  lors de notre dernière COUSINADE  des 7 et 8  mai 2005 et que nous avions déjà eu la joie de visiter en 1985, puis en 1990..

Voici donc la phrase d’introduction présentant ce document (traduction Lucienne LAPOINTE)  :

« Le 28 mars 1648 le VESSENECK a été donné à ferme à Clade ARNOLDT de CHARBEVILLÉ aux conditions suivantes » :

Cette présentation suggère quelques réflexions : tout d’abord l’amusante germanisation de GERBEVILLER en CHARBEVILLÉ, mais qui ne laisse aucun doute sur l’identité du métayer. Puis, bien que l’abbaye de MUNSTER ne soit désignée que par le terme de GOTLESHAUS c’est à dire « LA MAISON DE DIEU », nous savons que FESSENECK était une de ses très anciennes possessions.

Au 9ème siècle, Louis le PIEUX dota ce couvent de biens dans la vallée ST GREGOIRE où se trouvaient de nombreuses fermes dont le FESSENECK jouxtant le couvent, quant à l’abbé qui gérait celui-ci en cette fin de la guerre de TRENTE ans, on sait qu’il portait le patronyme BLASER et était connu pour son affabilité, sa compétence à une époque de ravages et d’exactions. (Ludvig OHL: Geschichte der Stadt Munster)

Le contrat entre l’Abbaye et notre ancêtre fut rédigé le 28 MARS 1648. Quelques mois plus tard, furent signés les traités de paix mettant fin à la guerre de trente ans, sans en effacer les conséquences néfastes.

C’est dans  une période difficile, dans une vallée ravagée que Clade ARNOLDT s’occupa de la ferme du FESSENECK à des conditions très précises …

Nous en donnons l’analyse, non pas dans l’ordre où elles se présentent, mais selon leur nature.

Nous retiendrons tout d’abord que le bail débute à la SAINT GEORGES et se terminera à la SAINT GEORGES avec l’obligation pour l’une et l’autre des parties de donner congé trois mois à l’avance.

La ferme elle-même, sera remise en état par l’Abbaye et le métayer sera tenu de la quitter dans l’état où il l’aura trouvée

Chacune des parties mettra à disposition la moitié du bétail et aura la jouissance de la moitié du beurre, du fromage et des veaux. Il en sera de même des porcs pour la nourriture desquels, le couvent remettra au métayer deux rézeaux de son chaque semaine. Le porcher sera payé en commun par celui-ci et l’Abbaye. Celle-ci payera également un jeune pâtre que le fermier devra entretenir de la façon la moins coûteuse. En retour, il recevra 4 rézeaux de blé. Les fruits dans les vergers du couvent et autour de la métairie devront être récoltés avec grand soin et la moitié scrupuleusement remise aux moines. On parle également d’une dîme à laquelle le métayer aura droit en payant la redevance selon la coutume. Il devra faucher l’herbe sur les prés du couvent avec l’aide de ses domestiques et devra avoir grand soin de la volaille qu’on mettra à sa disposition et dont la nourriture lui viendra également du couvent.

En fin de bail il est signalé que le 4 mai eut lieu le partage des bêtes entre Clade ARNOLDT et le métayer précédent Diebolt HERZOG. Il revenait à notre ancêtre 5 vaches, 2 veaux de deux ans, un veau de 3 mois et un de 5 semaines, 2 grandes truies, 3 jeunes porcs et 3 porcelets. Mais comme lui-même, possédait 7 vaches laitières, il en prêtait une au couvent contre 3 FLORINS et la moitié d’un veau (sic) !

Tels furent les arrangements conclus honnêtes et corrects, nous semble-t’il, alors que Clade ARNOLDT allait avoir 25 ans, était père de famille de trois enfants et marié à Maria SEIFFERLIN..

Tous les descendants du couple connaissent aujourd’hui le problème posé par cette union. En 1658 dans l’inventaire de Barthélemy SEIFFERLIN, le père de Marie, elle est dite « partie pour la Suisse sans plus donner signe de vie depuis 16 ans » - inventaire publié dans nos anciens bulletins et que nous re-publierons prochainement – Cependant d’autres documents révèlent que dès 1644, elle prenait à ferme certaines dîmes dans la vallée de MUNSTER ( A.GANTER BERGHA  Spécial ARNOLD 1981)

Il est vraisemblable qu’elle quitta KRUTH après le décès de sa mère en 1643 et le remariage de son père. Nous pouvons nous imaginer que son union avec un de ces lorrains mal vus de la population autochtone, fut cause de la mésentente familiale…

Un second document, découvert par Monsieur SCHNUBEL et daté du 4 mai 1651, vient compléter ce premier bail, le nuancer. C’est l’acte par lequel se fit le transfert du bétail de FESSENECK entre un nouveau métayer et notre ancêtre qui allait s’établir dans la cense de SCHWEINSBACH…

Il s’agit d’un ensemble de 20 bêtes adultes et de 12 jeunes animaux. Deux bœufs noirs et blancs de 4 et 3 ans tenaient compagnie à 18 vaches laitières. Toutes les vaches portaient un nom : ainsi l’une s’appelait HURGIG c’est à dire « LESTE » ou « RAPIERE », une autre FREUND donc « AMI » une troisième WEISSKOPF c’est à dire « TETE BLANCHE ».

Comme pour les jeunes bêtes, leur pelage était indiqué,  ainsi que leur âge approximatif selon qu’elles avaient  ou non  vêlé. Le jeune bétail est partagé en deux groupes : le premier comprenant bouvillons et génisses appartenant à la ferme dès avant Noël, le second,  plus important, se composant  des animaux qui y étaient depuis Noël.

Alors qu’avant cette période FESSENECK ne possédait qu’un jeune taureau et quatre génisses, après cette date son troupeau s’était accru de 7 bouvillons désignés par leur poil et couleur (selon une remarque marginale en français).  L’un se présente en pelage noir, l’autre en pelage fauve, l’autre en gris souris : MAUSFARB. Un autre encore est noir à la tête blanche. On parle également d’un jeune taureau entièrement jaune, d’un autre à l’échine noire et blanche, mais un peu faible, d’un autre de 3 semaines tétant encore la mère. S’y ajoutaient deux génisses noires à la tête blanche, une troisième fauve à la queue blanche.

A propos de ce bétail, on note en marge et en français d’une autre main « ce papier doit servir d’instruction quel grand soing il faut avoir du bétail de Fesseneck »

Puis les ustensiles usuels dans une ferme sont indiqués. Par exemple une baratte, un tamis pour passer le lait, un grand chaudron de 150 litres, 16 formes à pressurer le fromage, des seaux, une table et une voiture ! Est mentionné également le partage des fromages en présence de Franen MADLEN, probablement l’épouse du nouveau métayer.

En bas est indiqué que Clade ARNOLDT emportait un récipient, et  un tonneau pour le beurre.

Ce second document ne parle ni de la ferme, ni des obligations du nouveau métayer…

M.A.T

(1) – Bulletin familial semestriel français BONJOUR LES COUSINS (Travail de traduction des baux : Lucienne Lapointe)

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Ruines de l'Abbaye Catholique de MUNSTER (photos Catherine BALLAND ASS.IF.ARNOLD) tous droits réservés.

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28 octobre 2006

LES METIERS DE NOS AÏEUX DANS LA VALLEE DE ST AMARIN

Quels métiers ont exercé nos ancêtres, c'est une question que nous nous posons souvent lorsque nous dépouillons les vieux grimoires et qu'aucune indication ne nous est fournie …Alors, nous imaginons ou bien, nous tentons d'en savoir davantage lorsque tout espoir s'est envolé avec un acte de mariage muet lui aussi, ou bien l'acte de décès…

Il existe pourtant différents moyens de connaître les professions de nos ancêtres…

Tout d'abord les LIVRETS d'OUVRIER délivrés lors des apprentissages, puis les dénombrements ou recensements de population qui en principe donnent ce renseignement, et encore, pour les hommes, les listes électorales…

Bref nombreuses sources peuvent nous ouvrir les portes sur ce point crucial.

Nos ancêtres ARNOLD dans leur vallée de la Haute Thur n'avaient guère de possibilité autre que les métiers du bois, ou du tissage, ou encore de la forge et bien sur celui de la terre… Certains un peu plus aisés, un peu plus intelligents sans doute ont parfois fait des études et sont devenus Maître d'école ou prêtre ou clerc…

Mais, lorsque l'on retrouve dans ses archives familiales un diplôme donnant de nombreuses indications quelle joie pour le chercheur…

Et bien c'est ce qui est arrivé à l’un de nos cousins de KRUTH qui m'a gentiment fait part de sa découverte concernant l’un des descendants ARNOLD et qui ayant fréquenté un centre d'apprentissage où il apprit le métier de MARÉCHAL FERRAND, s'était vu décerné un magnifique document et qui dit ceci en substance :

CENTRE D'APPRENTISSAGE DE L'EMPEREUR DE STRASBOURG

L'apprenti Monsieur Eugène ARNOLD né à KRUTH commune et district de THANN a fréquenté le CENTRE d'APPRENTISSAGE du 30 septembre 1895 au 31 décembre 1895 et a obtenu avec succès son diplôme de MARÉCHAL FERRAND.

STRASBOURG le 1 septembre 1897

Prime de Cinquante Marks

N’oublions pas qu’à cette époque l’ALSACE et la LORRAINE sont Prussiennes..

Tous nos ancêtres n'ont pas été des modèles… en la matière… Il faut bien le reconnaître et certains se sont distingués par des actions plus ou moins recommandables, cependant il en est un qui fut plus qu'un mauvais sujet, plutôt rebelle à la Loi.. - cette petite histoire retrace quelques bribes de  la vie de ce dernier qui vécut sous le second Empire après la chute de Louis Philippe et qui entraîna on le sait l'annexion de l'ALSACE et de la LORRAINE en 1871.

D'après le journal de la France,  un historien soulevait l'importance des conditions de vie des ouvriers des siècles précédents …Et il faut bien dire que nos aïeux avaient grande  raison de se révolter et cette situation affecta toute la masse ouvrière de France et bien sur nos ARNOLD eux mêmes…

Un avis de la Préfecture de Police au Préfet du Haut Rhin en date du 18 juillet 1855 nous apprend que notre rebelle a déjà subi deux condamnations pour rébellion et qu'il lui est interdit pendant deux ans de séjourner dans le département de la SEINE.. (pourquoi la SEINE on l'ignore..)

Il est âgé de 30 ans mesure 1m 70 a les cheveux et sourcils châtain clair, le front haut, les yeux bleus, le nez pointu, la bouche moyenne, le menton rond, le visage ovale  et le teint clair coloré..

Il se nomme François Antoine ARNOLD mais le hic c'est qu'il y en a eu plusieurs…qui naquirent à KRUTH entre 1824 et 1827 date où celui-ci a du naître, mais d'après nos recherches (intensives), il s'agit certainement de François Antoine né le 20 juin 1825 fils de Mathis ARNOLD et Catherine ECKER qui se sont mariés à KRUTH le 31 janvier 1820..

La vie est difficile en 1840 et les salaires versés dans l'industrie textile pour une journée de 12 heures sont à peu près les mêmes pour les deux sexes jusqu'à 16 ans soit 0,45 francs …puis le salaire masculin grandit un peu tandis que stagne celui des femmes. Et des enfants !!!

Alors comment s'étonner de quelques agitations. Elles commencent en juin 1851 par une grève dans notre vallée qui "n'a aucun caractère sérieux" …précisent MM. MÉNY et ARNOLD.. à ODEREN (associés dans le tissage d'Oderen situé dans l'ancien moulin où se trouve aujourd'hui la Chapelle MARIA HILF)  mais en 1853 les ouvriers de la vallée se plaignent de leur situation malheureuse et réclament contre l'insuffisance de leurs salaires et contre les procédés des Contremaîtres …

En 1858, deux cent ouvriers de la fabrique de M. GROS ROMAN ODIER et Cie Manufacturiers à WESSERLING se sont mis en grève  sous prétexte que leurs salaires avaient été encore réduits… car ayant de nouveaux dessins à exécuter, leur travail a été moins bien fait et il a fallu beaucoup plus de temps pour l'accomplir…

Mais un seul ouvrier nommé ARNOLD Antoine (celui ci-dessus qui a perdu l'un de ses prénoms au passage) et qui a déjà subi 3 mois de prison pour délit politique en 1848 a chercher à entraîner une cinquantaine d'individus pour se rendre à URBES. Il a insulté le brigadier de Gendarmerie qui n'a pas hésité à le mettre en état d'arrestation.

Condamné à trois nouveaux mois de prison par jugement du Tribunal de BELFORT le 11 septembre pour "coalition d'ouvriers" il  sera donc emprisonné dans cette ville.

On le voit la vie de nos ancêtres n'était déjà pas de tout repos et les TISSAGES de notre Vallée commençaient déjà à faire parler d'eux…qu'en est il aujourd'hui de ces derniers…?

Ils ferment tous leur porte les uns après les autres et c'est un peu de la vie de notre vallée qui s'en va avec eux et oblige à s'exiler loin de ses racines… et pour certains, au 19ème siècle fort loin de leur belle Alsace !

(extraits de ARNOLD LE REBELLE  recherches AD 68 Dossier 4 M 247 - Claude et Denise GEWISS et M.ARNOLD TETARD pour F.A. ARNOLD)

jpg_ARNOLD_LE_REBELLEjpgLE_TISSAGE_INSTRUMENTS

ARNOLD le rebelle... et instruments du tissage

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Cliquez sur cette image pour connaître l'histoire du Tissage de WESSERLING (Hte vallée de la Thur)

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20 octobre 2006

GERBEVILLER nos RACINES LORRAINES

PETITE HISTOIRE DE GERBÉVILLER

Pays natal de notre ancêtre CLAUDE ARNOLD

Chef lieu de canton portant le même nom, GERBÉVILLER est traversé par la MORTAGNE (appelée l'AGNE) et se trouve à 13 kilomètres de LUNÉVILLE. C'est une charmante bourgade qui est desservie par la ligne LUNÉVILLE-BRUYERES mais son histoire a été terriblement endeuillée pendant la première guerre mondiale.

La première pièce des ARCHIVES LORRAINES parlant de ce village date du 12ème siècle (1149). Il y est question de droits concédés à l'ABBAYE DE BEAUPRÉ, sur les finages de GERBÉVILLER et de la chapelle commune qui aurait disparu depuis.

En 1265, FERRY II, donne à la ville la charte de BEAUMONT émancipatrice de ses bourgeois. Nous constatons qu'elle fut octroyée simultanément à LUNÉVILLE et à EINVILLE.

Au Moyen-Age, comme toute localité un peu importante, GERBÉVILLER construisit un château-fort et s'entoura de murailles et au 12ème siècle, on lui attribuait non un château mais un PALAIS…

GERBÉVILLER a été l'apanage des princes cadets de LORRAINE jusqu'au 12ème siècle, la ville passera ensuite aux Maisons de WISSE, des DU CHÂTELET, des TORNIELLE (à l'époque de notre ancêtre Demanche ARNOULX père de Claude) et enfin au 18ème siècle elle appartiendra à la famille de LAMBERTYE et, de baronnie deviendra Marquisat.

GERBÉVILLER, ville porte : l'enceinte de la ville était munie de deux portes, dont les vestiges subsistaient encore en 1853. L'une s'appelait "LA PORTE D'EN HAUT" ou SAINT PIERRE, en raison de sa proximité du faubourg de même nom, l'autre "LA PORTE DU BAS" ou PORTE DE L'EAU, parce qu'elle regardait la petite rivière de l'AGNE qui coule au nord-est de la ville.

Pendant les guerres de CHARLES LE TÉMÉRAIRE et du Duc René II de LORRAINE, la ville forte de GERBÉVILLER fut prise et en grande partie incendiée. Elle resta déserte pendant plusieurs années. Jean WISSE rétablit ses murailles et fit reconstruire ses maisons et la chapelle CASTRALE.

Pendant le siège de MOYEN, l'armée de ROSE mit le feu aux quatre coins de la ville.

En 1636, le château fut démoli par ordre de RICHELIEU ainsi que la plupart des autres châteaux-forts de LORRAINE (et de toute la France) les murailles furent renversées en 1681. La commune les fit rétablir entre 1704 et 1707.

En 1737, Camille de LAMBERTYE hérite de son oncle Anne-Joseph de TORNIELLE la terre de GERBEVILLER et fait construire par BOFFRAND  l’architecte des châteaux de LUNEVILLE et CROISMARE, l’une des plus belles demeures seigneuriales de Lorraine qui s’élève en face de la chapelle abritant des trésors sacrés, à l’entrée de vastes jardins anglais dessinés par Yves des HOURS et où l’on trouve une curieuse grotte à l’italienne ornée de statues et de vasques et le pavillon rose, unique exemplaire de ce type d’architecture Louis XIII en Lorraine.

Toutes ces merveilles qui faisaient la fierté de GERBEVILLER, comme la ville tout entière qui abritait près de 4000 habitants en 1836, furent ravagés par la terrible bataille du 24 août 1914 : 57 civils et des milliers de militaires y furent victimes des combats sans merci et de la barbarie qui détruisit 80% des maisons. Pour le monde horrifié, la belle cité de la Mortagne était devenue GERBEVILLER LA MARTYRE.

GERBEVILLER_MARTYRE

Gerbéviller guerre 14/18

La CHAPELLE DU CHÂTEAU se trouve face à la nouvelle demeure seigneuriale. Elle subit elle aussi de profondes destructions lors de la première guerre mondiale

Désormais réhabilitée, elle représente l'un des plus beaux joyaux de la richesse architecturale de LORRAINE et l'intérieur est particulièrement éblouissant.

Extrait des "RACINES LORRAINES des ARNOLD" par Claude et Denise GEWISS et de GERBEVILLER et son canton par A. SARRASSAT.

                                                                                     

cliquez sur l'image pour entrer dans le site du château de GERBEVILLER

CHATEAU_GERBEVILLER

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10 octobre 2006

SAINT ARNOUL de METZ


Saint ARNOUL  ancêtre de CHARLEMAGNE et des EUROPÉENS

L’AIGLE tenant en son bec un anneau symbolise SAINT ARNOUL

L’étymologie de notre nom vient également de l’Aigle - ARNOLD : « vieil aigle »

SAINT ARNOUL est décrit comme un grand civilisateur – un évêque hors du commun – un saint qui bouscule.

La vie de saint ARNOUL nous est connue par un de ses contemporains et elle fut publiée dans les « Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti » et dans les « Scriptora rerum merovingicarum » .

Il naît vers 580 au château de LAYUM aujourd’hui Lay-Saint-Christophe près de NANCY et est fils d’Anchise dit Baudgise, Maire du Palais et d’Ode fille de Gouze, duc de Suève.

Après ses études de latin il est confié à Gondulphe (ou Gondoul) Maire du palais à la cour d’Austrasie et y est initié au maniement des affaires.  Puis il entre à la cour du roi Théodebert II et là, on lui reconnaît tant de mérites, qu’on lui remet l’intendance du palais et le gouvernement de la province de mosellane.

Vers l’an 600 il épouse Dode fille de Thierry comte de Boulogne qui est d’une très grande famille aristocratique – elle reçut d’ailleurs en dot un important domaine dans les VOSGES qu’elle légua par la suite à l’évêché de METZ. Celui-ci y fit construire la ville d’EPINAL .  Elle donnera à ARNOUL  plusieurs enfants.

Nous retiendrons seulement : Ansegisel et Clodulf (ou Cloud) ce dernier deviendra évêque de Metz et sera vénéré sous le vocable de St Cloud.

De l’aîné nous retiendrons Pépin d’Héristal puis Charles Martel, Pépin le Bref et enfin Charlemagne.

Mais les luttes font rage entre les royaumes d’AUSTRASIE et de NEUSTRIE (Normandie) attisés par les intrigues de la reine Brunehaut (Reine d’AUSTRASIE).

BRUNEHAUT âme de tous les conflits entre la BOURGOGNE et les deux autres provinces est vaincue par Clotaire II et sera exécutée de façon cruelle. C’est ce qui incitera peut être ARNOUL à entrer dans les Ordres.

Le siège épiscopal de METZ étant vacant, il est choisi comme vingt-neuvième évêque par le peuple et le clergé de METZ et intronisé vers la fin de 612, ce qui fait échouer son désir de se retirer au Monastère de LERNIS avec son ami Romary.

Dode, quant à elle, s’est effacée devant la vocation de son époux et entre dans un Monastère de religieuses bénédictines près de TREVES. On ne saura plus rien d’elle qui avait pourtant partagé la vie d’Arnoul, une vie officielle et brillante et qui à moins de 30 ans poussera son mari à suivre l’appel de l’Eglise. Elle ne pouvait que se résigner…

Mais ARNOUL ne demeure pas inactif et est à l’origine de deux lois fondamentales dans un rôle de conciliateur qui lui va à ravir :

pour les comtes, l’inamovibilité des fiefs  - ce n’est pas encore l’hérédité mais comme c’est le cas aujourd’hui pour les magistrats, une disposition déterminante de la continuité de l’action et de la responsabilité personnelle.

Pour les évêques, l’élection par les fidèles et la compétence exclusive d’une juridiction ecclésiastique pour les juger : l’autorité spirituelle est ainsi dégagée d’une soumission arbitraire au pouvoir royal.

L’influence qu’il eut auprès de Clotaire II fit que le roi lui confia l’éducation de Dagobert et qu’il s’acquitta de cette tâche de façon si parfaite qu’il sut inspirer à son élève « une sagesse si profonde que nul dans le pays des Sicambres ne pouvait lui être comparé ». Même en 622 lorsque le jeune prince sera associé au trône de son père,  ARNOUL continuera de remplir ses fonctions auprès de lui.

Sa présence est signalée lors de plusieurs conciles : à PARIS (614) à METZ et REIMS (625) et à CLICHY (627) mais il désirait par-dessus tout depuis longtemps se dessaisir de sa charge épiscopale et se retirer dans la solitude.

En 629 DAGOBERT le laisse enfin partir !!

Il se fait alors construire une cellule et un oratoire sur une montagne proche de REMIREMONT le « Hoerenberg »,  qui sera plus tard nommée montagne de Saint-Arnoul. Près de sa cabane,  il édifie un abri pour les lépreux (alors rejetés de la société des hommes) et bien d’autres exclus,  qu’il soigne avec une grande charité.

Il vivra ainsi seul dans sa retraite sauvage où il meurt le 16 août 640. Son ami ROMARY prendra soin de ses funérailles et enlèvera la sainte dépouille pour lui donner une sépulture honorable dans la chapelle de la montagne.

Mais l’Eglise de METZ veut posséder les saintes reliques de son ancien évêque et en 641 GOERY, évêque de METZ ainsi que TIFFROY évêque de TOUL, et Paul évêque de VERDUN, viennent prendre les précieux restes et les rapportent en procession solennelle à METZ où ils les déposent à l’abbaye des Saints Apôtres qui devient alors ABBAYE DE SAINT ARNOUL.

Celle-ci sera rasée en 1552 par le Duc de GUISE lors du siège de la ville par Charles QUINT et les cendre vénérées ramenées à l’intérieur de METZ. L’Abbaye qui les accueillera,  nouvellement construite,  portera le nom de SAINT ARNOUL.

Le bâtiment est aujourd’hui le mess des officiers de la garnison mais la rue en contrebas de l’édifice s’appelle encore « sous Saint-Arnoul ».

En fait la première abbaye se trouvait devant les remparts de l’emplacement de l’hôpital Bon-Secours de METZ.

On peut cependant voir de la seconde abbaye le Monastère (à l’exception de l’église) avec en particulier le cloître,  l’ancien réfectoire et l’ancienne sacristie.

LA LÉGENDE DE SAINT ARNOUL

Obsédé par les péchés de son peuple et de ses proches, passant le pont sur la Moselle, ARNOUL enleva dit-on l’anneau qu’il portait au doigt et le jeta dans les eaux suppliant Dieu de lui donner comme signe d’absolution qu’on lui rapportât la précieuse bague… Des années de pénitence s’écoulèrent et voilà qu’un pêcheur apporta aux cuisines de l’évêché un poisson dans les entrailles duquel se trouvait l’anneau. ARNOUL l’ayant reconnu rendit gloire à Dieu et sans doute décida derechef de se retirer dans la solitude.

Cet anneau se trouve au trésor de la Cathédrale et il porte sur le chaton un poisson engagé dans une nasse tandis que deux plus petits se dirigent vers l’orifice. Le vitrail ci-dessus représente le saint présentant son anneau.

Au moment où ARNOUL résiliait ses fonctions épiscopales, et s’apprêtait à quitter METZ,  un incendie vint à se déclarer dans les caves du palais royal et menaçant de se propager dans la ville, Arnoul plein de courage se fit conduire dans le brasier - « Si Dieu veut que je sois consumé, je suis entre ses mains » aurait il dit en faisant un signe de croix et le feu soudain se serait calmé !!

Voilà pourquoi jusqu’au 18ème siècle, les habitants du pays messin venaient honorer les reliques du saint en priant de les préserver des incendies.

Son troisième miracle se situe en pleine chaleur de l’été 642 (il est mort depuis deux ans) quand les diocésains de METZ ramènent le corps de leur ancien évêque depuis REMIREMONT. Il n’y avait pratiquement plus rien à boire et il n’était pas question de s’arrêter dans le domaine d’un incestueux…

Le duc NOTTO, l’un des pèlerins,  s’écria soudain : « par sa puissante intercession le bienheureux ARNOUL va nous procurer ce qui nous manque » … Aussitôt le petit reste de cervoise demeuré au fond d’un cruchon se multiplia tellement que tous les assistants étanchèrent leur soir et qu’ils purent garder de la bière pour le lendemain au soir duquel ils arrivèrent à METZ.

En foi de quoi,  depuis,  SAINT ARNOUL est honoré comme patron des brasseurs.

ST_ARNOULD_PATRON_BRASSEURS

Il fut proclamé saint parce qu’il méprisa « ces choses mondaines qui trompent les yeux et perdent l’esprit » et « référa les lois divines à celles du monde » et fut très rapidement l’objet d’une dévotion qui se répandit dans toute la Lorraine et même au-delà de ce pays.

LA DESCENDANCE :

Plusieurs communes de France portent d’ailleurs son nom : en Calvados – Loir et Cher – Oise – Seine Maritime – Eure et Loire et Yvelines.

Mais surtout : nombreuses familles ont pour PATRONYME le nom ARNOUL ou l’un de ses dérivés : ARNOUD – ARNOUX  (le nôtre à l’origine) – ARNOD – EMOUT – NAUD – NAUDET signe évident que bien avant la fixation de l’état civil, le prénom du saint était donné au baptême à bien des nouveau-nés.

La filiation paternelle de saint ARNOUL jusqu’à CHARLEMAGNE est historiquement établie mais il y a cependant d’autres enfants et d’autres descendances que celles des aînés figurant dans la généalogie des ancêtres des Européens…

Il faut se baser principalement sur la descendance de CHARLEMAGNE et d’HILDEGARDE pour constater que dès l’an mil,  l’ensemble des titulaires des Duchés et Comtés de l’Europe sont issus d’une des SIX grandes branches carolingiennes

En conclusion, nous disent les auteurs,  pour refuser la probabilité d’une ascendance d’ARNOUL et de DODE il faudrait se prouver que ses millions d’ancêtres ont vécu depuis 42 générations dans des « isolats » où n’aurait pénétré aucun gène d’un curé ou d’un seigneur (jusqu’au XIIIè siècle les prêtres se mariaient) issu des milliers de familles carolingiennes couvrant l’Europe. La descendance de SAINT ARNOUL ET DE SAINTE DODE concerne au moins 95% de la population européenne, nous sommes donc presque assurés de descendre de ce saint dont nous portons le nom.

Texte d'après celui de "SAINT ARNOUL Ancêtre de CHARLEMAGNE et des EUROPEENS" (HELLENBRAND) - Anne STAMM - Guy GINION - Charles de VAULX préface de l'Archiduc Otto de Hasbourg-Lorraine (1989)

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La "Ferme" St Arnould        La croix St Arnould            REMIREMONT

(photos de Pierre BERARD ASS.I.F.ARNOLD tous droits réservés)

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Lay St Christophe

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09 octobre 2006

DEPART POUR Le NOUVEAU MONDE

Extraits des ALSACIENS et l’AMÉRIQUE

Du 16ème au début du 20ème

Bulletin de la Société Industrielle de MULHOUSE

De la Haute-Vallée de la Thur aux rives du Coleto Creek, une aventure alsacienne au Texas

(de Claude GEWISS)

Henri CASTRO (né en 1786 en France) d’une riche famille juive d’origine portugaise, et qui émigra aux Etats-Unis après la chute du premier Empire, devenant en 1827 Consul à PROVIDENCE (Etat de Rhode-Island) pour le compte du roi de Naples, devait faire des émules dès 1842 et de nombreux alsaciens-lorrains devaient, comme lui, quitter la terre natale pour le NOUVEAU MONDE attirés par un travail sans doute prometteur…

Dès 1842 les agents de CASTRO sillonnèrent tous les départements de l’EST en quête de futurs colons ! Pourquoi l’EST ?? Probablement parce que la main-d’œuvre y était réputée travailleuse et sérieuse..

En 1843 fut imprimé à MULHOUSE, une page intitulée « Colonisation du Texas » dans laquelle les agents de CASTRO soulignaient ces informations élogieuses reçues d’un confrère sur place par l’abbé PFANNER curé de SOPPE LE BAS (qui deviendrait d’ailleurs curé de CASTROVILLE)…

Pourtant quelques familles de notre Vallée avaient déjà quitté leur terre d’ALSACE pour risquer leur devenir outre-Atlantique et parmi eux : Peter BLUNTZER né à ODEREN le 24.11.1805 fils de Pierre BLUNTZER et Renée MUNSCH et descendant à la cinquième génération d’un certain Jean BLUNTZER originaire du Canton de ZUG en Suisse.

Notre Peter devint Tisserand et épousa (malgré un désir très fort d’entrer dans les Ordres mais qui ne se concrétisa point), Thérèse JACOB née à KRUTH le 27.1.1805. Elle était sans profession.

Peter et Thérèse eurent DIX enfants Léon – Joseph son jumeau – Geneviève – Urbain – Anne Marie – Nicolas – Thérèse – Vénéranda (dont nous reparlerons) – Sixte – et Marie Madeleine.

Quand commença t’il à s’intéresser au TEXAS !! Certainement pas dès 1841 mais vraisemblablement dans le courant de 1843. Et pourquoi décider d’émigrer comme cela tout bonnement ! Sans doute à cause de sa pauvreté et de la dureté de la vie dans la Vallée. Une enquête économique dans ces années là montre bien, à quel point, la vie était dure peu d’agriculture et l’exploitation des forêts n’occupaient que quelques ouvriers dans chaque commune.  L’essentiel des emplois relevait de l’Industrie lorsqu’elle était prospère (les Tissages en particulier) …

Toujours est-il que Peter décide de quitter l’ALSACE…

Pourtant il n’était pas les premiers à quitter la Vallée : avant eux en 1817 étaient partis les HUBERT un arrière cousin vigneron de Peter né en 1793 parti avec 17 autres célibataires d’ODEREN et de KRUTH : 50 personnes au total. Mais les BLUNTZER seraient les premiers à émigrer vers le TEXAS !!

Peter et Thérèse et huit des enfants qui leur restaient (deux étaient morts en bas âge), quittèrent le sol natal,  au début de la deuxième quinzaine de novembre 1843 et probablement avec d’autres, tournant résolument le dos à la vieille église d’ODEREN…juchée sur son éminence et protégeant les deux petites tombes voisines de Joseph et d’Anne Marie les deux enfants morts.

Ils partirent certainement dans une charrette et prirent le tout nouveau chemin de fer inauguré le 1er septembre 1839 puis le train de Bâle à Strasbourg et s’installèrent à l’hôtel de la « VIGNETTE » - Zum Rebstock – à l’angle de la Grand’Rue et de la rue du Fossé des Tanneurs, et enfin, le 22 novembre 1843, les BLUNTZER et leurs compagnons s’embarquèrent sur un bateau à vapeur aux termes d’un contrat intitulé « Colonisation von Texas » qu’ils avaient conclu avec Henrich CASTRO, représenté par Huth und Comp. A Neufreistadt (à quatre lieux de Strasbourg).