Saint ARNOUL  ancêtre de CHARLEMAGNE et des EUROPÉENS

L’AIGLE tenant en son bec un anneau symbolise SAINT ARNOUL

L’étymologie de notre nom vient également de l’Aigle - ARNOLD : « vieil aigle »

SAINT ARNOUL est décrit comme un grand civilisateur – un évêque hors du commun – un saint qui bouscule.

La vie de saint ARNOUL nous est connue par un de ses contemporains et elle fut publiée dans les « Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti » et dans les « Scriptora rerum merovingicarum » .

Il naît vers 580 au château de LAYUM aujourd’hui Lay-Saint-Christophe près de NANCY et est fils d’Anchise dit Baudgise, Maire du Palais et d’Ode fille de Gouze, duc de Suève.

Après ses études de latin il est confié à Gondulphe (ou Gondoul) Maire du palais à la cour d’Austrasie et y est initié au maniement des affaires.  Puis il entre à la cour du roi Théodebert II et là, on lui reconnaît tant de mérites, qu’on lui remet l’intendance du palais et le gouvernement de la province de mosellane.

Vers l’an 600 il épouse Dode fille de Thierry comte de Boulogne qui est d’une très grande famille aristocratique – elle reçut d’ailleurs en dot un important domaine dans les VOSGES qu’elle légua par la suite à l’évêché de METZ. Celui-ci y fit construire la ville d’EPINAL .  Elle donnera à ARNOUL  plusieurs enfants.

Nous retiendrons seulement : Ansegisel et Clodulf (ou Cloud) ce dernier deviendra évêque de Metz et sera vénéré sous le vocable de St Cloud.

De l’aîné nous retiendrons Pépin d’Héristal puis Charles Martel, Pépin le Bref et enfin Charlemagne.

Mais les luttes font rage entre les royaumes d’AUSTRASIE et de NEUSTRIE (Normandie) attisés par les intrigues de la reine Brunehaut (Reine d’AUSTRASIE).

BRUNEHAUT âme de tous les conflits entre la BOURGOGNE et les deux autres provinces est vaincue par Clotaire II et sera exécutée de façon cruelle. C’est ce qui incitera peut être ARNOUL à entrer dans les Ordres.

Le siège épiscopal de METZ étant vacant, il est choisi comme vingt-neuvième évêque par le peuple et le clergé de METZ et intronisé vers la fin de 612, ce qui fait échouer son désir de se retirer au Monastère de LERNIS avec son ami Romary.

Dode, quant à elle, s’est effacée devant la vocation de son époux et entre dans un Monastère de religieuses bénédictines près de TREVES. On ne saura plus rien d’elle qui avait pourtant partagé la vie d’Arnoul, une vie officielle et brillante et qui à moins de 30 ans poussera son mari à suivre l’appel de l’Eglise. Elle ne pouvait que se résigner…

Mais ARNOUL ne demeure pas inactif et est à l’origine de deux lois fondamentales dans un rôle de conciliateur qui lui va à ravir :

pour les comtes, l’inamovibilité des fiefs  - ce n’est pas encore l’hérédité mais comme c’est le cas aujourd’hui pour les magistrats, une disposition déterminante de la continuité de l’action et de la responsabilité personnelle.

Pour les évêques, l’élection par les fidèles et la compétence exclusive d’une juridiction ecclésiastique pour les juger : l’autorité spirituelle est ainsi dégagée d’une soumission arbitraire au pouvoir royal.

L’influence qu’il eut auprès de Clotaire II fit que le roi lui confia l’éducation de Dagobert et qu’il s’acquitta de cette tâche de façon si parfaite qu’il sut inspirer à son élève « une sagesse si profonde que nul dans le pays des Sicambres ne pouvait lui être comparé ». Même en 622 lorsque le jeune prince sera associé au trône de son père,  ARNOUL continuera de remplir ses fonctions auprès de lui.

Sa présence est signalée lors de plusieurs conciles : à PARIS (614) à METZ et REIMS (625) et à CLICHY (627) mais il désirait par-dessus tout depuis longtemps se dessaisir de sa charge épiscopale et se retirer dans la solitude.

En 629 DAGOBERT le laisse enfin partir !!

Il se fait alors construire une cellule et un oratoire sur une montagne proche de REMIREMONT le « Hoerenberg »,  qui sera plus tard nommée montagne de Saint-Arnoul. Près de sa cabane,  il édifie un abri pour les lépreux (alors rejetés de la société des hommes) et bien d’autres exclus,  qu’il soigne avec une grande charité.

Il vivra ainsi seul dans sa retraite sauvage où il meurt le 16 août 640. Son ami ROMARY prendra soin de ses funérailles et enlèvera la sainte dépouille pour lui donner une sépulture honorable dans la chapelle de la montagne.

Mais l’Eglise de METZ veut posséder les saintes reliques de son ancien évêque et en 641 GOERY, évêque de METZ ainsi que TIFFROY évêque de TOUL, et Paul évêque de VERDUN, viennent prendre les précieux restes et les rapportent en procession solennelle à METZ où ils les déposent à l’abbaye des Saints Apôtres qui devient alors ABBAYE DE SAINT ARNOUL.

Celle-ci sera rasée en 1552 par le Duc de GUISE lors du siège de la ville par Charles QUINT et les cendre vénérées ramenées à l’intérieur de METZ. L’Abbaye qui les accueillera,  nouvellement construite,  portera le nom de SAINT ARNOUL.

Le bâtiment est aujourd’hui le mess des officiers de la garnison mais la rue en contrebas de l’édifice s’appelle encore « sous Saint-Arnoul ».

En fait la première abbaye se trouvait devant les remparts de l’emplacement de l’hôpital Bon-Secours de METZ.

On peut cependant voir de la seconde abbaye le Monastère (à l’exception de l’église) avec en particulier le cloître,  l’ancien réfectoire et l’ancienne sacristie.

LA LÉGENDE DE SAINT ARNOUL

Obsédé par les péchés de son peuple et de ses proches, passant le pont sur la Moselle, ARNOUL enleva dit-on l’anneau qu’il portait au doigt et le jeta dans les eaux suppliant Dieu de lui donner comme signe d’absolution qu’on lui rapportât la précieuse bague… Des années de pénitence s’écoulèrent et voilà qu’un pêcheur apporta aux cuisines de l’évêché un poisson dans les entrailles duquel se trouvait l’anneau. ARNOUL l’ayant reconnu rendit gloire à Dieu et sans doute décida derechef de se retirer dans la solitude.

Cet anneau se trouve au trésor de la Cathédrale et il porte sur le chaton un poisson engagé dans une nasse tandis que deux plus petits se dirigent vers l’orifice. Le vitrail ci-dessus représente le saint présentant son anneau.

Au moment où ARNOUL résiliait ses fonctions épiscopales, et s’apprêtait à quitter METZ,  un incendie vint à se déclarer dans les caves du palais royal et menaçant de se propager dans la ville, Arnoul plein de courage se fit conduire dans le brasier - « Si Dieu veut que je sois consumé, je suis entre ses mains » aurait il dit en faisant un signe de croix et le feu soudain se serait calmé !!

Voilà pourquoi jusqu’au 18ème siècle, les habitants du pays messin venaient honorer les reliques du saint en priant de les préserver des incendies.

Son troisième miracle se situe en pleine chaleur de l’été 642 (il est mort depuis deux ans) quand les diocésains de METZ ramènent le corps de leur ancien évêque depuis REMIREMONT. Il n’y avait pratiquement plus rien à boire et il n’était pas question de s’arrêter dans le domaine d’un incestueux…

Le duc NOTTO, l’un des pèlerins,  s’écria soudain : « par sa puissante intercession le bienheureux ARNOUL va nous procurer ce qui nous manque » … Aussitôt le petit reste de cervoise demeuré au fond d’un cruchon se multiplia tellement que tous les assistants étanchèrent leur soir et qu’ils purent garder de la bière pour le lendemain au soir duquel ils arrivèrent à METZ.

En foi de quoi,  depuis,  SAINT ARNOUL est honoré comme patron des brasseurs.

ST_ARNOULD_PATRON_BRASSEURS

Il fut proclamé saint parce qu’il méprisa « ces choses mondaines qui trompent les yeux et perdent l’esprit » et « référa les lois divines à celles du monde » et fut très rapidement l’objet d’une dévotion qui se répandit dans toute la Lorraine et même au-delà de ce pays.

LA DESCENDANCE :

Plusieurs communes de France portent d’ailleurs son nom : en Calvados – Loir et Cher – Oise – Seine Maritime – Eure et Loire et Yvelines.

Mais surtout : nombreuses familles ont pour PATRONYME le nom ARNOUL ou l’un de ses dérivés : ARNOUD – ARNOUX  (le nôtre à l’origine) – ARNOD – EMOUT – NAUD – NAUDET signe évident que bien avant la fixation de l’état civil, le prénom du saint était donné au baptême à bien des nouveau-nés.

La filiation paternelle de saint ARNOUL jusqu’à CHARLEMAGNE est historiquement établie mais il y a cependant d’autres enfants et d’autres descendances que celles des aînés figurant dans la généalogie des ancêtres des Européens…

Il faut se baser principalement sur la descendance de CHARLEMAGNE et d’HILDEGARDE pour constater que dès l’an mil,  l’ensemble des titulaires des Duchés et Comtés de l’Europe sont issus d’une des SIX grandes branches carolingiennes

En conclusion, nous disent les auteurs,  pour refuser la probabilité d’une ascendance d’ARNOUL et de DODE il faudrait se prouver que ses millions d’ancêtres ont vécu depuis 42 générations dans des « isolats » où n’aurait pénétré aucun gène d’un curé ou d’un seigneur (jusqu’au XIIIè siècle les prêtres se mariaient) issu des milliers de familles carolingiennes couvrant l’Europe. La descendance de SAINT ARNOUL ET DE SAINTE DODE concerne au moins 95% de la population européenne, nous sommes donc presque assurés de descendre de ce saint dont nous portons le nom.

Texte d'après celui de "SAINT ARNOUL Ancêtre de CHARLEMAGNE et des EUROPEENS" (HELLENBRAND) - Anne STAMM - Guy GINION - Charles de VAULX préface de l'Archiduc Otto de Hasbourg-Lorraine (1989)

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La "Ferme" St Arnould        La croix St Arnould            REMIREMONT

(photos de Pierre BERARD ASS.I.F.ARNOLD tous droits réservés)

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Lay St Christophe